Tendres morsures

2

Chapeautés par un simple mot (« Table », « Souhait », « Lumière ») qui suggère un détail du quotidien, ravive un sentiment, évoque un souvenir ou une anecdote, les cent chapitres qui composent Tendres morsures semblent l’écho universel de la Femme — et surtout des questions existentielles qui la taraudent — nonobstant l’âge, la race, le lieu ou l’époque. Joanna est nostalgique du passé, impuissante devant le présent et angoissée face au futur ; elle doute, regrette et s’interroge sur les sentiments qu’elle ressent envers ses parents, ses anciens amants, son époux, son fils. Patchwork des joies et tourments au féminin, ces cent instantanés, comme autant de « tendres morsures », sont majestueusement servis par une écriture vive, un humour caustique et des images évocatrices. Avec cette première œuvre traduite en français, l’écrivaine ontarienne se révèle une voix singulière en faisant la brillante démonstration que, à l’instar des odeurs, les mots ont une mémoire qui, telle une « une plaine kaléidoscopique et mouvante », n’est autre qu’ordre et chaos, comme la vie quoi !

Publicité