Sévère

2

À une époque où intimité rime avec voyeurisme et où le fait divers obnubile, Régis Jauffret parvient à marier ces deux dimensions avec classe et éclat. Il s’inspire de l’affaire Stern, un banquier très en vue assassiné en Suisse par sa maîtresse alors qu’il portait une combinaison de latex. De cette histoire, Jauffret fait un coup de maître, jouant tantôt avec finesse, tantôt avec violence sur la ligne fine qui sépare réalité et fiction. On suit des personnages dérangés, habités de secrets terribles et vivant des existences minables et qu’il ne prend même pas la peine de nommer, entretenant tout au long de la lecture, et après encore, le doute. Ce doute qui s’installe dans la tête du lecteur et qui n’en ressort jamais. Percutant, strident et sans scrupule, Sévère de Régis Jauffret dérange. Et on aime ça.

Publicité