Pour seul cortège

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Décidément, Gaudé explore de multiples univers dans ses romans. Qu’on pense à La mort du roi Tsongor, au très beau Soleil des Scorta, ou à La porte des enfers, dans lequel est manifeste l’intérêt de l’auteur pour les âmes des morts, comme dans le présent récit, où on recule à une époque lointaine, au IVe siècle avant notre ère, au moment où l’empereur Alexandre meurt, tout jeune, après avoir conquis le monde. On assiste alors au démantèlement de l’empire. Les amis d’hier, devenus rapaces, s’entredéchirent pour saisir leur part de gloire et de pouvoir. Magnifique récit choral, Pour seul cortège est grave, comme un choeur de pleureuses. Ce roman épique d’une grande beauté envoûte, comme une incantation de laquelle on a peine à s’extraire.

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