Mon père

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Alors qu’elle en est encore à faire le deuil de son père qu’elle a littéralement adulé, une jeune femme reçoit d’Italie une lettre d’un homme qui l’informe qu’il est son demi-frère, le fils illégitime que le défunt avait enfanté hors-mariage et à l’insu de tous. Telle est la prémisse du plus récent roman d’Éliette Abécassis, dont l’œuvre semble alterner entre des volumineux thrillers forts à grand déploiement et des livres au registre plus intimiste, comme celui-ci. Il va sans dire que la découverte par la narratrice de Mon père de la vie secrète de son paternel ne se fera pas sans douleur. Freudien, dites-vous ? Et comment ! Fort heureusement, ce beau roman, délicat et pudique, raconté simplement dans une écriture toujours juste, ne se contente pas de reconduire les poncifs chers aux psychanalystes et évite avec brio les écueils du mélodrame.

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