L’Obéissance

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L’histoire, fort grotesque, est véridique: en mars 1918, en pleine guerre mondiale, le gouvernement belge emprunte à la France la guillotine et le bourreau de Paris afin d’exécuter un condamné à mort, dans une Belgique occupée par les Allemands. Il fallait un mort de plus aux plus hautes instances de l’État pour assurer leur pouvoir. L’Allemagne accordera un sauf-conduit à l’escorte française des «bois de justice» (la guillotine) et d’Antoine Deibler, l’exécuteur des hautes oeuvres, afin de traverser la ligne de front. L’auteur n’a guère besoin de souligner le ridicule de l’expédition. Il nous propose plutôt une réflexion sur l’obéissance, sur les consciences ébranlées, mais qui persistent dans la même direction parce qu’il n’y a plus rien d’autre à faire. Un petit chef-d’œuvre de concision, constellé de scènes fortes, au style éclaté (lettres, notes et récits se chevauchent), mais cohérent.

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