L’Adoption du système métrique

0

Ces poèmes écrits par le grand Réda sont purs ravissements. Nous voilà devant la poésie d’un ciseleur silencieux taillant avec sa plume des observations et des réflexions prises sur le fait et jointes à l’inhabituel, à des incongruités magnifiques : « voyez, si je suis sourd, je demeure à l’affût/De l’espace où mon fil souple encore qui se balance/Mesure une montagne et pèse un nuage, un oiseau./Je vais m’enraciner dans le silence/Mais reverdir peut-être à la prochaine saison » (« Complainte du vieux poteau »). Le tout est cadencé, le titre en témoigne, par la prosodie française traditionnelle : cela donne un swing candide et syncopé au pessimisme enivré du poète. L’Adoption du système métrique est d’orfèvrerie faite, de beautés trouvées où le regard porte.

Publicité