La Rumeur des cortèges

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Avec des poèmes à la fois en prose et en vers, Jean Grosjean (dont j’apprécie infiniment le nom) étale son Dieu sur toutes les pages dans La Rumeur des cortèges. Les amateurs de poésie seront comblés dès les premiers vers, qui tirent leur inspiration à même la beauté de la nature : «le vent ridait le soleil dans les flaques / mais la moitié du ciel était plombée / le vent couchait les fumées sur les toits / et tout à coup la grêle a crépité». Puis, le ton et la forme se transforment pour laisser place à une prose imbibée d’une intense dévotion («Dieu, je chuchote à ta gloire / comme les trembles quand tu les frôles»), où se côtoient quelques figures bibliques («les rapports personnels avec Dieu / on en a vu apparaître la profondeur chez Abraham / mais avec Job on en a mesuré le déséquilibre»). Qu’ils parlent des merveilles du monde qui nous entoure ou qu’ils relatent les derniers instants du Christ, ces poèmes font partie d’une seule et même profession de foi.

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