Journal d’Hirondelle

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Lire Amélie Nothomb, c’est pénétrer dans un univers troublant et excessif où le flux d’images et de mots incisifs, insolents, tendres et quelquefois burlesques confronte le lecteur à ses propres émotions. L’auteure provoque, choque, terrifie tout en faisant parfois hurler de rire. Bref, nous aimons ou nous détestons, mais nous ne pouvons rester indifférents. Avec la régularité d’un métronome, Amélie Nothomb fait paraître un roman à chaque rentrée littéraire et figure toujours au palmarès des meilleurs vendeurs. Dans Journal d’Hirondelle, l’auteure exploite plus profondément encore ses thématiques de prédilection. À la suite d’un immense chagrin d’amour, le narrateur se délivre des sentiments ordinaires dans un véritable suicide émotionnel, pourrait-on dire, et devient tueur à gages. Ce rôle détaché de toute sensibilité lui convient à merveille. Or, la lecture du journal intime d’une victime prénommée Hirondelle lui fera progressivement recouvrer l’usage de ses sens. Un quinzième roman aussi cruel que loufoque.

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