J’abandonne aux chiens l’exploit de nous juger

6

Après un récit en deux tomes sur ses années de journalisme de guerre (Sympathie pour le Diable) et un roman inspiré des mêmes expériences (Ceux qui vont mourir), le controversé Paul M. Marchand tourne le dos à la tentation autobiographique et s’investit cette fois dans le récit que lui a livré une lectrice, qui a vécu une passion déchirante et interdite… avec son propre père ! Qu’on ne se laisse cependant pas tromper par le sujet, en apparence scabreux et impudique : Marchand n’est pas du genre à faire des concessions à quelque mode que ce soit. Au-delà de l’anecdote, c’est l’écriture nerveuse et, par moments, pyrotechnique, qui fait la force de ce roman d’amour, au titre emprunté à Brel. D’un livre à l’autre, le talent romanesque de cet enfant terrible ne cesse de s’affiner pour notre plus grand plaisir.

Publicité