Ici n’est plus ici

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Tommy Orange offre un premier roman mémorable, porté par une plume forte, imagée, soutenu par un rythme qui va en crescendo. Il prête sa voix à une galerie de personnages indiens ayant le désir d’aller au premier pow-wow d’Oakland. Chacun a son histoire, son origine, sa réalité et surtout, tous se sentent dépossédés et désincarnés, et tous revendiquent, consciemment ou pas, leur culture, aussi enfouie soit-elle. L’auteur s’arrête, en milieu de parcours, et joint toutes les voix pour se permettre de dire « Nous, les Indiens », donnant ainsi un poids tangible au désarroi de ces peuples étouffés. Au fil des personnages qui ponctuent les chapitres, une toile se tisse entre eux et l’auteur dévoile peu à peu le drame qui pointe, laissant le lecteur pantois.

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