En marchant sur le fleuve céleste

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Las de gaspiller ses diplômes à bosser dans un gymnase, le narrateur, canadien d’origine, part enseigner l’anglais au Japon pendant un an. Aussitôt débarqué à Saïtama, il est pris sous l’aile du professeur Enzo qui, de guide attitré, deviendra vite complice. Premier roman traduit en français de l’Albertain Peter Oliva, En marchant sur le fleuve céleste se révèle une œuvre hors du commun, à la fois lyrique et humoristique. Le schéma narratif (les récits insolites d’Enzo et du narrateur coudoient celui de McDonald, un marin échoué sur les rives du pays du Soleil levant au XIXe siècle qui apprend les rudiments de sa langue à ses geôliers) et le dire détonant (hallucinante plongée au cœur du folklore, des traditions, des légendes fantastiques et de l’histoire du pays) constituent une mosaïque culturelle et sociale qui ne se dévoile totalement qu’à la lecture des niveaux sous-jacents. C’est là, dans ces profondeurs où fraie une allégorie de l’eau, que surgit le fluide pivot du roman : le rôle du langage dans la conception de l’être et de la nation.

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