Danseur

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Né dans l’Oural en 1938, Rudik « Rudolf » Noureïev s’éteint à Paris en 1987. Entre-temps, le petit paysan est devenu une star internationale du ballet classique, a vécu en exil la majeure partie de sa vie, a connu les joies et les déceptions de la gloire. Fouillant une fois de plus les thèmes de l’amour et de l’exil, l’Irlandais Colum McCann signe avec Danseur l’un des vingt meilleurs livres de la rentrée d’automne, dont on ne sait trop s’il tient plus du roman que de la biographie, mais qu’importe ; pour le lecteur, seul compte le sentiment d’avoir été transcendé par les mots. La narration s ‘apparente à un ballet ; les personnes qui ont côtoyé Rudi aux époques les plus marquantes de sa tumultueuse existence semblent exécuter une chorégraphie autour de lui. L’effet est saisissant car l’histoire, découpée en chapitres dont le ton est propre à chacun des protagonistes, n’en est que plus frémissante, comme animée d’un constant mouvement de rotation, qui culmine avec l’entrée en scène du flamboyant danseur-étoile dans les quelques pages où il prend enfin la parole.

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