Carnets d’un vieil amoureux

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Assez délibérément, j’ai usé des droits du lecteur proposés par Pennac: j’ai d’abord grappillé, puis j’ai commis le geste odieux: j’ai sauté des pages. Mais c’est que ce livre s’y prête et, surtout, qu’on sait qu’on y retournera. Fascinant! Imaginez un peu: en 1927, un jeune de seize ans ouvre un carnet Moleskine et se donne pour seul principe d’écrire une page par jour. L’entreprise durera soi­xante-dix-sept ans, jusqu’à sa mort. Et tout y passe: l’enfance, la guerre, le métier d’instituteur… le désir. À la suite du décès de son épouse, les maîtresses rappliquent et le nonagénaire s’en voit plus fringant encore qu’à vingt ans! Ce n’est pas un roman, mais la vie d’un homme adorable, et un peu exécrable, qui restera lucide jusqu’à la fin. Un homme «né pour être jeune», comme on dit.

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