L’Ombre d’une photographe, Gerda Taro

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Elle s’appelait Gerta Pohorylle mais signa ses photos Gerda Taro, une parodie des noms des vamps du cinéma. Une légende à laquelle concourut Hemingway en faisait une femme fatale. Des photos attestent son charme incontestable, mais c’est derrière l’objectif que la jeune femme entendait s’affirmer. D’où la rencontre décisive à Paris d’un réfugié politique d’origine juive comme elle, le futur Robert Capa, qui l’initia à l’abc du photoreportage. Dépêchés ensemble en Espagne par la presse de gauche, ils nourrissaient le fol espoir que leurs images mobilisent les démocraties contre la coalition fasciste. Pour Taro, cet engagement fut fatal… François Maspero brosse un portrait saisissant de cette photographe dont la dimension romanesque n’échappera pas au lecteur. Réhabilitant Gerda Taro dans l’histoire de la
photographie, il accomplit en outre un devoir de mémoire.

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