Le Temps aboli. L’Occident et ses grands récits

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À l’époque où Hervé Fisher posait en inventeur d’une «mythanalyse», Thierry Hentsch, fauché cet été à l’âge de 61 ans, proposait, entre les récits antiques et les chansons de geste, une lecture du texte évangélique. Il l’envisageait comme le lieu d’origine d’une fusion impossible entre le mythe et la vérité, qui pollue encore nos consciences à l’heure où la science tient lieu d’Église. Raconter et mourir (Prix du Gouverneur général 2003) se terminait avec Descartes. Le Temps aboli s’ouvre avec «Dom Juan ou l’amour scélérat», et se referme avec «Proust, le temps aboli». De la naissance du sujet moderne à la dilatation de sa conscience, l’art répercute à son initiateur l’écho de son incapacité à penser l’absence. On écrit pour ne pas mourir; on écrit pour échapper à l’instant. Compliqué? C’est ma faute! Lisez plutôt Hentsch: on se replonge ensuite avec délice dans les classiques.

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