L’Emprise

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L’auteure, décédée le 24 janvier dernier, nous réservait une dernière surprise. Ce roman posthume s’inscrit dans la même lignée que toute son oeuvre, sous le signe de la discrétion et du silence. Dans un va-et-vient incessant entre un passé que l’on situe à la fin de la Seconde Guerre mondiale et un présent indéfini, Michèle Desbordes nous parle d’une maison, d’un chemin, de l’horizon, de la mer et des étrangers que sont les soldats allemands. Dans ce style si particulier que l’on pourrait qualifier de pointillisme littéraire, la mémoire, la perte et l’oubli nous sont révélés avec des phrases simples qui acquièrent leur efficacité par leur subtil martèlement. C’est une oeuvre délicate et intense, qui demande une attention de tous les instants. Cette beauté-là se mérite.

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