Jusqu’à Faulkner

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Par un lointain samedi après-midi d’une saison triste, un garçon de treize ans découvre par hasard un livre qui lui tombera rapidement des mains. Un livre « bâclé, dangereux, aux couleurs du deuil », une première rencontre désastreuse avec le Sanctuaire de William Faulkner. Pierre Bergounioux mettra ainsi quarante ans à se faire pardonner cette rencontre manquée, jusqu’à cet essai en forme d’hommage au visionnaire de Yoknapatawpha, où l’on sent qu’il règle ses dettes avec quelques-uns des créanciers de la littérature. L’auteur met le doigt sur une chose : il nous montre qu’avec Faulkner, c’est l’illusion du réalisme de la littérature qui est tout à coup condamnée. La vie nous échappe et, il faut l’admettre, notre existence est une énigme. C’est la leçon à tirer des excès du réalisme au XIXe siècle. Et c’est à une fascinante réflexion qui embrasse trois mille ans de littérature que cet essai pénétrant convie le lecteur curieux.

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