Bêtes et juges

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Sur la route qui mène à la potence, les gens du village s’arrêtent pour voir passer le condamné. Un cochon sera pendu en ce jour de février 1386. La bête homicide porte un masque à figure humaine ainsi qu’une veste et un pantalon : ordres du juge. Si la scène paraît absurde aujourd’hui, elle était à l’époque une pratique courante. Entre le XIe et le XIXe siècle, on dénombre plus de 200 procès contre des animaux. Au-delà d’une simple énumération de cas, l’auteur nous expose le contexte historique dans lequel ces procès avaient lieu. D’un côté, l’homme, qui partage encore avec les autres animaux une intime relation, trouve normal de punir avec la même justice hommes et bêtes. De l’autre côté, une Église en pleine Inquisition, chasse le malin sous toutes ses formes, qu’elles soient sorcières ou invasions de chenilles.

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