Mister O

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Entre un Lapinot, un Donjon ou un Monstrueux Dinosaure, le très prolifique Lewis Trondheim joue à l’«oubapien », gymnastique mentale oblige. Dans la continuité de l’Oulipo (l’Ouvroir de littérature potentielle) fondé par Raymond Queneau en 1960, l’Oubapo prône l’expérimentation en bande dessinée, que ce soit, par exemple, la permutation ou la répétition des cases sur une même planche. Mister O, ou l’histoire trente fois répétée d’un petit bonhomme qui tente sans succès de franchir un ravin, s’inspire manifestement de cet esprit franchement tordu. L’exercice, s’il peut paraître périlleux et barbant, s’avère pourtant brillant et cet album à l’allure ultra-minimaliste et attachante réussit là où Moins d’un quart de seconde à vivre (avec J-C Menu à l’Association) avait échoué. Comme quoi il suffit de peu (à peine 1800 cases à raison de 60 cases par planche) pour faire un album mythique. Certes une curiosité, Mister O est aussi un joyeux pied de nez aux scénaristes en panne d’inspiration.

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