L’œil de bœuf

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Une atmosphère peu banale, troublante, se dégage de cette bédé. Le regard du lecteur, attiré par une impressionnante vivacité graphique sur fond noir, devient rapidement celui d’un voyeur, prisonnier de cet obsédant œil-de-bœuf. On s’émerveille devant cette œuvre qui met en scène une poésie du grotesque et le côté épouvantablement malsain du voyeurisme. À travers un œil-de-bœuf, Norbert, jeune propriétaire d’un immeuble, observe les ébats sexuels d’une femme dont il est amoureux, Édith. Mais lorsqu’il croit s’être fait surprendre, la paranoïa l’aveugle et il doit détruire tous ceux qui savent… y compris lui-même. Nous assistons alors aux effets pervers de l’angoisse et de l’obsession, mais aussi de tous les regards que l’on peut porter sur nous-mêmes.

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