Chute de vélo

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« J’aime pas le dessin » est le commentaire souvent entendu de ceux à qui sont présentés les albums de Davodeau. Pourtant, sous des abords désinvoltes, ils recèlent, pour l’image, une cohérence irréprochable doublée d’un talent évident pour la couleur ; pour le récit, un sens aiguisé de l’ellipse en plus d’une savante maîtrise dans le maniement d’une galerie de personnages par l’intermédiaire desquels une décharge d’émotions vient implacablement frapper le lecteur ! Dans Chute de vélo, les enfants d’une grand-mère atteinte d’Alzheimer, espérant la raccrocher à ce qu’elle est, la font sortir de son hospice pour une réunion de fin de semaine dans la maison familiale, en campagne. Voilà pour la scène, et l’histoire n’est qu’une succession de micro-événements ; en revanche, un tel parfum de vie s’en dégage que tenter quelque description que ce soit ne saurait lui rendre justice, car l’auteur affirme bien sa plus grande qualité : l’humanité.

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