Lise Tremblay

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Entrevue réalisée par Les libraires en octobre 2015, pour son catalogue de Noël.

La mort et la folie d’un parent sont deux thèmes très présents dans la littérature ces dernières années. Pourquoi avez-vous choisi cette direction?

En tant qu’écrivains, c’est difficile de passer à côté de ces sujets. Un ami m’a déjà dit que j’écrirais sur la mort d’un proche. J’avais une réaction épidermique et je lui disais : « Non, je ne veux rien savoir ». Et finalement, je l’ai fait. Les livres, ça ne se décide pas. Ça s’impose. Sinon, ce serait trop facile. Pour moi, le livre n’est pas à propos de la mort de mon père ou de la folie de ma mère, j’y raconte plutôt la vie de mes parents. Je suis retournée aux origines. Cette remontée généalogique a été le moteur de mon écriture.

Avez-vous peur de vous dévoiler ainsi et d’aborder un pan de votre vie personnelle?

J’ai fait lire mon récit à deux personnes de ma famille avant la parution et j’ai averti certains proches. Je parle beaucoup des morts et ces derniers ne réagissent habituellement pas beaucoup. Si ma mère avait encore été alerte – elle est en état de démence –, je ne crois pas que j’aurais écrit ce livre. En même temps, j’ai construit ma vision personnelle des événements. Une grande part de ce récit est probablement une construction de mon imaginaire. J’ai simplement attaché les fils entre les histoires que mes parents m’ont racontées.

En quoi la famille vous fascine-t-elle autant?

Je suis très fascinée par comment on finit par reproduire ce que nos parents ont fait. Pour devenir libre, il faut s’éloigner, mais la rupture avec nos proches est impossible. On peut arrêter d’aller visiter ses parents, mais on ne peut jamais rompre complètement le lien.

D’ailleurs, c’est drôle, car je suis en train de construire un chalet dans le même village où mes parents avaient fait construire leur propre maison à la même époque de leur vie.

Quels sont vos récents bonheurs de lecture?

J’ai beaucoup aimé La mort d’un père et Un homme amoureux du Norvégien Karl Ove Knausgård. J’ai aussi craqué pour Le musée de l’innocence de l’écrivain turc Orhan Pamuk. Je lis beaucoup et de façon très éclectique.

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