David Gilmour: Le film de sa vie

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Dans L’école des films, l’écrivain, journaliste et professeur David Gilmour donne une leçon de cinéma – et de vie – à son fils Jesse. Miné par ses échecs scolaires, Jesse, un adolescent de 15 ans, décide d’abandonner l’école avec la permission de son père: «Jesse était sain, intelligent, beau, heureux, aucun problème. Sauf qu’il détestait l’école. Et il est impossible de forcer un garçon de 6 pieds 4 à faire ses devoirs!», se rappelle l’auteur en riant. Lui-même au chômage à cette époque, Gilmour propose donc au jeune homme de rester à la maison avec lui, à condition qu’ils regardent ensemble trois films par semaine.

Entre les projections d’Annie Hall, des Quatre cents coups et de Casablanca – qui ne sont au fond qu’un prétexte au récit –, l’ancien critique de cinéma et son fils entament une conversation intime qui s’échelonnera sur trois ans. Tandis que Jesse vit ses premiers échecs amoureux, Gilmour se trouve torturé par les remords, la culpabilité, l’impuissance à aider celui qu’il aime tant: «Je me disais: « Tu as ruiné ta vie et tu es en train de ruiner celle de ton fils.  » Pour moi, c’était insupportable.» L’affection qu’éprouve l’écrivain pour son fils est palpable et contagieuse. C’est que, contrairement à l’ado typique mal dégrossi, «Jesse perçoit les choses profondément et il les exprime avec une égale sensibilité», affirme Gilmour. On ne saurait être plus d’accord à la lecture de ces mémoires doux-amers, chronique d’un amour inconditionnel entre les deux hommes.

Il nous tardait de savoir ce qu’il était advenu de Jesse par la suite. Incidemment, le jeune homme, aujourd’hui dans la vingtaine, tourne son premier court-métrage dans lequel il est producteur, réalisateur et scénariste. «Une maison d’édition de New York désire que Jesse écrive sa propre version de L’école des films», d’ajouter son père avec fierté. En attendant l’adaptation cinématographique allemande de L’école des films, à laquelle Gilmour participera, l’écrivain, qui n’a aucune intention d’écrire d’autres mémoires, fera paraître en 2011 son 7e roman, intitulé The Perfect Order of Things.

Bibliographie :
L’école des films, David Gilmour, Leméac, 224 p. | 23,95$

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