Des mots et des muscles. Sports et littérature

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    Certes, l’écrivain, seul devant la table de travail, choisit les mots suivant un ordre
    qui définit son style tandis que le footballeur, au contraire, ne peut se produire sans ses
    coéquipiers. On ne saurait cependant réduire un match à l’affrontement de deux équipes de
    onze joueurs. De même que l’on reconnaît en quelques mots le style de Stendhal ou de Le
    Clézio, quelques minutes suffisent pour identifier l’écriture de Zidane, Beckenbauer ou Platini.
    Bernard Pivot

    Véritable religion pour plusieurs, le sport s’est créé, et cela depuis des siècles, une place de choix au sein de la culture de chaque nation. Rassembleur, exutoire, valorisant, relaxant : il a tous les mérites! Voici que plusieurs auteurs s’en sont inspirés pour nous livrer des ouvrages qui partagent cette passion, qu’elle se décline pour le basketball, la voile, le cricket, le tennis, le ski, le hockey, le soccer, le baseball, la course ou encore pour la troisième mi-temps!

    Par Cynthia Brisson, Alexandra Mignault et Josée-Anne Paradis

    Dans ce dossier

    Bastien Vivès : Sans faux mouvement

    Il n’est pas chorégraphe, mais il a ce don pour ordonner les corps de façon esthétique. Il n’est pas maître nageur, mais il comprend les profondeurs d’une piscine comme nul autre. Il n’avait pas 28 ans que deux de ses ouvrages nous entraînaient respectivement dans le monde de la natation, puis dans celui de la danse classique. Bastien Vivès, bédéiste français, plonge dans l’univers du sport en exécutant des prouesses qui rivalisent avec celles de ses personnages.

    Marc Robitaille : Histoires d’hier

    « C’est à ce moment que j’ai compris que j’étais quelqu’un qui vivait les choses de manière très intense. Je me souviens avoir pleuré des jours de temps d’un chagrin énorme quand Toronto a gagné la coupe Stanley en 1967. Tout le monde croyait que le Canadien gagnerait. Les gens qui prennent la plume, peu importe la raison, il y a presque toujours un chagrin derrière. »

    Trouver lectures à son pied

    Sur la ligne de départ, ils sont plusieurs. C’est presque rendu une mode. Tout le monde court. Cette vague de popularité atteint même les écrivains et la littérature. Elle s’explique sans doute en grande partie par la préoccupation grandissante de la population pour la santé et le bien-être. Tour de piste de quelques ouvrages pour emboîter le pas à tous ces coureurs, du moins en lecture…

    Lever l’encre

    Certains détracteurs prétendront que la voile n’est pas un sport. On aura tôt fait de leur rétorquer que si la pratique de la voile ne met pas en forme, il faut très certainement être dans une bonne condition physique pour s’y adonner. La navigation exige également, comme bien des sports, de la technique et elle invite au dépassement de soi, car le marin se mesure d’abord et avant tout à lui-même… et aux éléments, bien sûr. D’ailleurs, qui a déjà appareillé sait que chaque voyage recèle une part de hasard, puisqu’on ne commande ni l’eau ni le vent. La voile est donc non seulement un sport; elle est une passerelle vers l’inconnu, vers une infinité de possibilités.

     

    Poing à la ligne

    Le monde de l’édition semble récemment décidé à gâter l’amateur de « noble art » que je suis. Comment, lecteur, tu ne savais pas que c’est ainsi qu’on appelle la boxe? Je sais, noble, elle n’est pas toujours, loin de là; artistique non plus, si on y réfléchit un peu. N’empêche, les amateurs littéraires de boxe, dont je suis, qui ont dévoré plus de livres et de films sur le sujet que vu de combats en chair et en sang, aiment l’appeler « noble art », pour se donner l’impression d’appartenir à un club où ils fréquenteraient Hemingway, Jack London et Budd Schulberg. Et je ne suis pas seul là-dedans, si l’on se fie à cette petite sélection commentée.

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