Ces auteurs qui tiennent la route

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    Dans un magazine d’actualité littéraire, il n’est pas toujours évident de laisser place à des écrivains qui, bien que confirmés et adulés, ne publient plus nécessairement. Voici donc l’occasion de découvrir des auteurs qui, malgré les différences d’époques, de mœurs ou de lieux, continuent, année après année, à tenir la route, et ce, malgré la myriade de nouveautés publiée. Des libraires du Québec et de l’Ontario ont ainsi abordé leur passion pour leur auteur favori. Et pour certains — vous en jugerez vous-mêmes—, il s’agit d’une réelle vénération!

    Dans ce dossier

    Émile Zola: Les yeux d’une époque

    Lorsqu’on s’attaque à un auteur du calibre de Zola, il est difficile de savoir par quel côté commencer. Son œuvre est gigantesque, les études sur ce dernier le sont encore plus. N’importe quel lecteur ne connaissant pas Émile Zola peut facilement se perdre avant d’avoir lu une seule page! Son œuvre est souvent boudé, jugé trop descriptif et peu actuel. Détrompez-vous! Bien que ses livres puissent quelquefois paraître arides, ils renferment une puissante étude sociologique de l’époque du Second Empire, en plus d’une analyse psychologique des plus pertinentes de chacun des personnages. Zola dépeint avec brio l’époque dans laquelle il vivait, une époque que, en tant que républicain convaincu, il jugeait totalement déraisonnable. Ce cynisme envers les décideurs de son époque résonne de façon cinglante dans l’entierté de son œuvre.

    Jean-Christophe Rufin: L’homme-orchestre humaniste

    Médecin, humanitaire, conseiller politique, diplomate, écrivain, Jean-Christophe Rufin aura eu une carrière riche en expériences! Celui qui tire son prénom du héros de l’auteur Romain Rolland n’aura jamais pu se contenter d’être un guérisseur des corps, même si sa pratique médicale a traversé toute sa vie, laquelle fut marquée par un seul sceau: l’humanisme, celui de la Renaissance qui plaçait l’humain au centre de tout. Mais c’est surtout par le biais de sa carrière d’écrivain, qui s’étale sur près de trente ans, qu’il est entré au panthéon de mes personnalités favorites.

    Lucie Bergeron: Fabulatrice pour enfants

    Le monde de la littérature jeunesse s’est vu, dans les dernières années, propulsé dans les médias comme jamais auparavant. Avec «Harry Potter», J. K. Rowling a mis sur la voie de la lecture de nombreux adolescentes et adolescents. Anne Robillard, la femme derrière la série «Les Chevaliers d’Émeraude», ainsi que Bryan Perro, auteur d’«Amos Daragon», ont aussi beaucoup fait parler d’eux et contribué à faire aimer la lecture. Mais il y a les auteurs dont on parle peu à la télévision, qui ne bénéficient pas du même battage publicitaire et qui, pourtant, sont chéris des libraires et des lecteurs. Parmi eux se trouvent des écrivains hauts en couleur, de grand talent et qui marquent aussi la littérature jeunesse. Lucie Bergeron, l’une des plus grandes et des plus importantes écrivaines pour la jeunesse au Québec, fait partie du lot.

    Anne Hébert: Force de la nature

    On ne peut parler de littérature québécoise sans parler d’Anne Hébert. En effet, en tant qu’auteure incontournable dans l’histoire littéraire de notre peuple, non seulement aura-t-elle charmé les nôtres, mais elle aura également été lue par une panoplie de lecteurs et lectrices à l’extérieur de nos frontières, du grand public aux départements universitaires de littérature.

    Frédéric Beigbeder: Quand le cynisme devient marque de commerce

    Cynique. Pessimiste. Morose. Trois qualificatifs qu’on peut attribuer aux livres de Frédéric Beigbeder. Pour nous, libraires, ce sont généralement trois mots qui n’aident pas à vendre un livre. Mais chez Beigbeder, c’est devenu sa marque de commerce (oui oui, une marque de commerce Fréderic BeigbederMD, ne lui en déplaise). Comme une drogue, la « Beigbedecstasy », elle nous incite à lire — et à conseiller! — toute son œuvre. Parce que derrière ses thèmes très sombres, Beigbeder montre aussi l’espoir. L’espoir que tout ira mieux demain. Pour ses personnages, oui, mais peut-être aussi un peu pour nous, le lecteur, l’être humain.

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