S’approprier un lieu, une œuvre

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La ville de Québec a inauguré en octobre dernier sa Maison de la littérature, un lieu où convergent harmonieusement les multiples facettes que possède la littérature.

Cette Maison, qui se déploie sur trois étages, abrite à la fois une bibliothèque publique (dont le fonds est entièrement dédié au domaine québécois), une exposition permanente sur le thème de la liberté, des cabinets pour ceux qui désirent écrire, un atelier de BD (où Djief, notre artiste en couverture, a notamment élu domicile avec trois autres bédéistes : Mikaël, Paul Bordeleau et Richard Vallerand), un studio multimédia de création, un appartement pour un écrivain en résidence (oui, actuellement Laure Morali « vit » littéralement dans la Maison de la littérature!), un petit bistro où prendre un verre en feuilletant des revues et une scène littéraire sur laquelle une programmation riche, dynamique et surtout originale s’articule. Oui, tout un projet qui tient ses assises dans la passion des gens de Québec de faire de leur ville un lieu où la littérature n’est plus qu’une activité solitaire. Et les membres de notre équipe, dont les bureaux sont situés non pas à Montréal, mais bien dans la Capitale nationale, saluent bien bas tous ceux qui ont mis la main à la pâte pour ce projet qui remplit déjà ses promesses.

En novembre, j’ai assisté à une table ronde autour de la question « Quel rôle doit jouer la Maison de la littérature dans l’écologie littéraire ». Le directeur de la Maison des écrivains, Francis Farley-Chevrier, était présent et a d’abord décrit ce lieu en trois mots : beau, vaste et généreux. Richard Prieur, directeur de l’ANEL, disait quant à lui avoir l’impression d’entrer dans une « cathédrale du livre ». Les lieux, qui abritaient jadis le temple Wesley dans le Vieux-Québec, lequel a été rénové tout en gardant son cachet néogothique avec ses grandes voûtes blanches immaculées et ses ornements de bois, inspirent effectivement au sacré. « Le milieu du livre a besoin d’être plus sexy que ce qu’il est actuellement et c’est vers cela que tend la Maison », ajoutait monsieur Prieur dans un souci de faire entrer la littérature dans la vie de tous, et pas seulement dans celle de ceux qu’on étiquette comme « littéraires ».

Mais pour qu’une bibliothèque porte le nom de « maison », il faut s’y sentir chez soi.

« La Maison doit servir de toit, d’abri protecteur pour le milieu littéraire de Québec », exprimait Simon Philippe Turcot, directeur général des éditions La Peuplade, soulignant la ressemblance entre ce lieu nouveau et les centres d’artistes. « Cet espace a le potentiel de devenir un lieu d’exploration génial! », ajoutait celui qui insistait sur l’importance de prendre part à ce lieu, d’en faire un endroit où la création littéraire de Québec pourra enfin s’exposer au grand jour.  

« Dans une maison, on respire mal lorsque les portes et les fenêtres ne sont pas ouvertes », a pour sa part souligné l’auteure Hélène Lépine. Les immenses fenêtres qui donnent la luminosité à ce lieu confirment qu’on s’y sent bien; les grandes portes ouvertes à tous – jeunes, vieux, étudiants, lecteurs, visiteurs, etc. – sont une invitation lancée. Une maison, c’est aussi fait pour y accueillir de la grande visite. Ainsi, gens de Trois-Rivières, de Saguenay, de Sherbrooke et de partout ailleurs au Québec – oui, gens de Montréal également! –, venez donc faire une saucette chez nous, à Québec : vous y verrez, la littérature y brille dorénavant de mille feux!

S’approprier une œuvre
Parlant de feux, le présent numéro consacre son dossier à ceux des projecteurs qui sont braqués sur la littérature. Du petit au grand écran, les adaptations d’œuvres littéraires sont de plus en plus courantes. Cette année seulement, pensons aux œuvres que sont Room, Snoopy, Paul à Québec, Madame Bovary, Les 33, Hunger Games, Frankenstein, Macbeth, Carol, Suite française, Moby Dick, Ni d’Ève ni d’Adam, Wild, Journal d’une femme de chambre, Snowden et Le revenant, qui ont été portées à l’écran (et, bien sûr, cette liste est loin d’être exhaustive!). Les auteurs sont-ils heureux de voir leur œuvre prendre vie au cinéma? Qui sont ces écrivains qui usent également de leur plume pour écrire des scénarios? Comment s’inspire-t-on d’une écrivaine emblématique – Nelly Arcan – pour en faire un film? Qu’est-ce que Micheline Lanctôt souhaite exprimer aux futurs réalisateurs? Que lit le comédien Patrice Godin lorsqu’il n’est pas en tournage? Toutes les réponses, entre nos pages.

Bonne lecture!

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