Chroniques

Littérature jeunesse

Le libraire - Numéro 78
Grands livres pour petites mains

Grands livres pour petites mains

Par Nathalie Ferraris, publié le 17/09/2013

Mon tout premier contact avec les livres s’est fait par la poste. Mes parents avaient rempli un formulaire et, en échange de leur argent, une compagnie m’envoyait deux albums de Disney par l’entremise du facteur. À quelle cadence? Je ne m’en souviens plus : c’était dans les années 1970. Une chose est certaine cependant, j’ai feuilleté, regardé et usé ces livres. Ma mère m’en a d’abord fait la lecture, le soir dans mon lit, puis mon tour est venu de déchiffrer les lettres. Après un certain temps, j’ai offert ma collection à ma jeune cousine. J’étais convaincue que, comme moi, elle allait plonger dans un monde nouveau… Le livre peut occuper une place influente dans la vie d’un enfant. La lecture développe l’imaginaire, suscite la curiosité, répond à des questions, crée des souvenirs. De très beaux albums font justement leur apparition cet automne. Profitez-en pour faire rêver vos tout-petits.

Des imagiers paravents

Après nous avoir offert en 2010 et en 2012 les deux volumineux imagiers Devant ma maison et Au carnaval des animaux, La courte échelle propose cette saison quatre jolies nouveautés pour les petites mains. Signés et illustrés par Émilie Leduc, ces quatre titres présentent des textes très courts et très simples dans lesquels les tout-petits apprennent des notions de base comme les nombres et les animaux dans Un ours invite, les instruments de musique dans Un oiseau entend, les couleurs et les vêtements dans Un panda tricote et les aliments dans Une chèvre mange. Agréablement et sobrement illustrés d’images très douces, presque délavées, les albums s’ouvrent tel un accordéon et tiennent debout comme des paravents. Si Devant ma maison et Au carnaval des animaux, écrits et illustrés par Marianne Dubuc, se déploient sur 120 pages cartonnée, les quatre nouveaux imagiers comptent huit panneaux cartonnés qui se regardent des deux côtés. Voilà de beaux objets que j’aurais certainement aimé feuilleter étant petite.

 

Un livre gâteau

Le gâteau, la nouveauté de l’automne de Marianne Dubuc, fait aussi partie des albums que j’aurais aimé lire dans ma tendre enfance. Alors que le petit Albert décide de faire un gâteau, ses amis le renard, l’écureuil et la souris viennent lui donner un coup de main. Lorsque le mélange est prêt, tout le monde le goûte. « Ça manque de sucre », dit la souris. « C’est trop sec », affirme le renard. « Ça manque de citron », déclare l’écureuil. « Il faut ajouter du sel », dit Albert. Ce dernier et ses amis ajoutent des ingrédients à leur guise et mélangent la préparation. Puis, Léa arrive. « Qu’est-ce que vous faites? », demande-t-elle… Désolée, mais il m’est impossible de vous dévoiler la suite! Je peux simplement vous dire que le dénouement est tout à fait imprévisible, qu’il fait éclater de rire et qu’il est aussi délicieux… qu’un bon gros gâteau au chocolat! Les petits mousses se régaleront de cette histoire toute simple, mais dont les illustrations fourmillent de détails cocasses. Au fil des pages, le chaos s’installe dans la cuisine et, à l’image de l’écureuil, la pièce a besoin d’un bon nettoyage. Tout à fait amusant!

 

Des clins d’œil

Sur une note plus poétique et fantaisiste, la collection « Clin d’œil » des éditions de l’Isatis présente deux nouveautés cet automne. Lancée l’an dernier, cette adorable collection aborde le quotidien et chaque album se veut un clin d’œil aux petites choses de la vie. Après Une orange, Aujourd’hui, le ciel, Les mots magiques et Ma journée, mes humeurs, Isatis propose Mon parc et Grand vent, petit vent.

Le premier livre, consacré au parc, constitue une belle occasion de découvrir ce lieu mythique de l’enfance rempli de jeux et de souvenirs, ainsi que ses attraits au fil des saisons. Les orteils qui chatouillent les nuages, l’oiseau sur un banc qui salue le printemps, la chaude odeur de l’été… ce petit album carré signé Andrée-Anne Gratton et illustré avec tendresse par Manon Gauthier donne assurément le goût de chausser ses souliers et de courir jusqu’au parc le plus près.

De son côté, Grand vent, petit vent présente aux bouts de chou les différentes personnalités du vent. D’ailleurs, il suffit de regarder le paysage se transformer pour discerner un vent tour à tour coquin, sage et parfois en colère. Le lecteur découvre la brise qui fait onduler les habits sur la corde à linge de mamie, il distingue le suroît quifait virevolter les cerfs-volants des enfants et il repère les bourrasques de l’après-midi qui font tinter le carillon de la galerie. Le sujet, fort original, est développé par Rhéa Dufresne et les illustrations au style naïf de Guillaume Perreault apportent de la fraîcheur aux mots de l’auteure. Mignonne comme tout, cette collection est pleine de charme. Parents et progéniture aimeront prendre leur temps pour lire (et relire) les mots et les images de chacun des livres. Poétiques à souhait, les six albums font tout simplement rêver et créent du véritable bonheur dans la vie des tout-petits.

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