Sain(t) dépouillement

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N'en déplaise à son fondateur, ce n'est pas dans les pharmacies Jean Coutu que vous dénicherez les plus beaux cadeaux ni même un ami, mais bien dans les librairies. Chacun sa spécialité: chez l'un, vous ferez le plein d'acétaminophène et de guirlandes pour votre sapin de Noël, chez l'autre, le plein de culture, de savoir et des plus fantastiques étrennes à glisser sous la ramure odoriférante.

En furetant dans les allées de votre commerce pharmaceutique favori, vous apercevez un calendrier de l’avent. Tiens, ça vous donne une idée: pourquoi ne pas magasiner un cadeau chaque jour d’ici au 24 décembre? Rouleaux de papier à l’effigie du petit renne au nez rouge sous le bras et sachets de choux scintillants dans une main, vous franchissez le seuil du magasin; les flocons, d’une totale perfection, tournoient dans le crépuscule. Ce jour est béni entre tous, à croire que l’esprit saint vous a soufflé la réponse suivante: «Va chez ton libraire préféré, c’est là que tu pourras tout trouver.»

Jour 1
Nos bouillants ancêtres européens s’égorgeaient pour un rien, mais festoyaient gaiement! Au Moyen Âge, on célébrait en effet plus de cent fois par an, des anniversaires (la Saint-Sylvestre, l’Épiphanie) comme des personnages (un saint, un dieu païen). Les fêtes de Parandar: Réjouissances médiévales et secrets du banquet des Chevaliers d’Émeraude fournit moult suggestions de recettes, chansons à boire, jeux, costumes ainsi que tous les secrets pour recréer un festin médiéval. L’ouvrage est présenté avec un CD du groupe Faëria, qui anime les banquets officiels des Chevaliers d’Émeraude (Les fêtes de Parandar, Brigitte Boucher-Paré et Anne Robillard, Éditions Michel Brûlé, 216 p., 29,95$).

Jour 2
Le 4 décembre 1909, on fonde le club de hockey qu’on surnommera la «Sainte-Flanelle». Un siècle plus tard, ses hauts faits sont retracés dans trois livres rivalisant d’anecdotes, de photos et de statistiques. Le Canadien: Un siècle de hockey à La Presse fait côtoyer son histoire avec celle du quotidien montréalais. Les illustres Canadiens, publication officielle de l’équipe, s’attarde, lui, à ses joueurs les plus importants. Enfin, La glorieuse histoire des Canadiens raconte les cent ans du Tricolore de manière exhaustive, ce qui en fait la rétrospective la plus réussie du lot (Le Canadien: Un siècle de hockey à La Presse, André Duchesne, La Presse, 256 p., 49,95$; Les illustres Canadiens, Club de hockey Canadien, Fenn Publishing Company, 242 p., 45$; La glorieuse histoire des Canadiens, Léandre Normand et Pierre Bruneau, De l’Homme, 824 p., 49,95$).

Jour 3
Conçu comme un tremplin entre la garderie et l’école primaire, Mes premiers chefs-d’œuvre est un portfolio qui permet de consigner les progrès artistiques des bambins. On y trouve des idées de coloriages, de dessins, de projets créatifs ainsi que des autocollants, le tout présenté dans des pages aux couleurs vives et déclinées selon les quatre saisons (quoi faire pendant l’été, l’automne, etc.). De pratiques pochettes plastifiées permettent de ranger ces précieux souvenirs. Un beau grand cartable à conserver jalousement, illustré avec les charmants personnages de la collection Tire-Bouchon — chevalier Fredoux, princesses Sonatine et Merci, pirate Jokarie (Mes premiers chefs-d’œuvre, Sophie Bouchard et Annie Tremblay, De Mortagne, 50 p., 19,95$).

Jour 4
Le tricot et le crochet sont très tendance. J’aime tricoter présente vingt-cinq idées de vêtements pour dames chauds, pratiques et élégants — les bérets, bonnets et châles sont vraiment chics. Bébé crochet et Bébé tricot proposent, quant à eux, de beaux modèles pour les enfants de 0 à 2 ans: gilets cache-cœur, chaussons, pantalons, barboteuses et même un serpent à rayures! Les photos, comme les explications, abondent dans chaque ouvrage. Puisque certains vêtements peuvent s’avérer difficiles à réaliser, un peu d’expérience est conseillé (J’aime tricoter. 25 coups de cœur, Bronwyn Lowenthal, Modus Vivendi, 128 p., 19,95$; Bébé tricot et Bébé crochet, Lois Daykin, Broquet, 120 p., 19,95$ ch.).

Jour 5
La plus noble des bêtes méritait l’hommage le plus époustouflant. Fruit de sept ans de prises de vues effectuées aux quatre coins de la planète, Equus constitue une déclaration d’amour aux chevaux et à ses races apparentées (baudets, ânes, zèbres). L’ouvrage en impose grâce à ses dimensions exceptionnelles et ses photos d’Arabes racés, de fougueux mustangs galopant dans les plaines de l’Utah, de montures islandaises à la pureté génétique remarquablement conservée depuis le XIIIe siècle et d’embryons de pur-sang à divers stades du développement. Les cadrages singuliers et l’éblouissante esthétique des clichés — somptueux traitement des couleurs —, témoignent d’une démarche artistique accomplie. Par l’un des meilleurs photographes animaliers contemporains (Equus, Tim Flach, De la Martinière, 304 p., 89,95$).

Jour 6
Peinant au travail, les enfants assis sur ses genoux, s’ébrouant avec ses copains, faisant la cour, le jour de sa naissance, de son mariage ou de ses funérailles: Une histoire des hommes québécois en photos raconte, en près 350 photographies tirées d’archives privées et publiques, de quoi les hommes d’ici sont faits. Grâce aux commentaires sentis accompagnant chaque photo d’époque, on découvre sans grand étonnement un homme fier, généreux, laborieux et, malheureusement, si peu enclin à exprimer ses émotions. Voilà un album commémoratif de belle facture qui nous convie à un siècle passionnant d’histoire masculine. Il devrait figurer en bonne place dans toutes les chaumières du Québec — notre devise n’est-elle pas: «Je me souviens»? (Une histoire des hommes québécois en photos, Marie-Andrée Bizier, Fides, 288 p., 39,95$).

Jour 7
Une société se définit entre autres par sa musique. Synthèse pour le moins colossale, Les 101 disques qui ont marqué le Québec propose un répertoire allant de La Bolduc à Tricot Machine. On est d’abord conquis par la richesse du contenu iconographique (couvertures d’albums fétiches, photos évocatrices, mise en page limpide), puis soufflés par l’étonnante érudition de l’auteur, journaliste culturel bien connu, qui résume avec brio la carrière d’artistes solos ou de groupes québécois de tous les styles, replace leur œuvre dans le contexte social et culturel de l’époque, et montre l’impact qu’ont eu, sur l’évolution de notre histoire musicale, certaines de leurs chansons. Incontournable! (Les 101 disques qui ont marqué le Québec, Éric Trudel, Trécarré/ICI, 272 p., 39,95$).

Jour 8
L’atlas de notre monde brosse, en trente et un sujets de géographie physique et humaine, 110 cartes et une foule de données statistiques, l’état du monde actuel. Cet ouvrage visuellement réussi s’avère idéal pour la famille et les étu­diants. On l’achète sans hésitation, sachant qu’on fait une bonne affaire. Partant de l’idée que la géographie n’est ni neutre ni immuable, l’équipe du Courrier international, elle, a conçu L’atlas des atlas: Le monde vu d’ailleurs en 200 cartes. À l’aide de mappemondes produites sur les cinq continents, on y montre que les frontières sont tributaires du regard des peuples sur leur patrie et celle de leurs voisins. Le propos, érudit mais accessible, met à l’avant-plan les conflits territoriaux qui ont modifié le visage de la Terre, ou qui continuent de le faire (L’atlas de notre monde, Martine Padesto (dir.), Québec Amérique, 176 p., 24,95$; L’atlas des atlas, Philippe Thureau-Dangin (dir.) et al., Arthaud, 256 p., 59,95$).

Jour 9
Les albums en 3D pour les jeunes relèvent souvent de l’exploit. C’est le cas de La fête enchantée qui, déplié à 360 degrés, révèle une scène de foire aux coloris pastel d’une stupéfiante minutie, où s’amusent de minuscules fées. Le Journal des inventions de Léonard de Vinci, quant à lui, reconstitue avec précision la machine volante, le casque de guerre et le char d’assaut imaginés par le génie italien. Époustouflant! Enfin, Le festin de Jules et César narre l’escapade de deux souris affamées. Le dessin, fourni et magnifique, est valorisé par des rabats judicieusement disposés dans le récit (La fête enchantée, Maggie Bateson et Louise Comfort (ill.), Gründ, 34,95$; Journal des inventions de Léonard de Vinci, David Hawcock et David Lawrence, Larousse, 16 p., 44,95$; Le festin de Jules et César, Ruth Brown, Dominique et compagnie, 24 p., 21,95$).

Jour 10
À quelques exceptions près, les photos qui composent Humeur de chat se distinguent par leur absence de mise en scène et de décor; croquer les petits félins domestiques sur fond blanc ou noir met en valeur leur personnalité expressive. Autre décision avisée: l’auteur a pimenté ses clichés d’informations, de citations et de commentaires rigolos afin d’exprimer le caractère si singulier du chat — et de son maître (ou serviteur, selon les points de vue). Saviez-vous que Winston Churchill traînait son tabby partout avec lui, même pendant la guerre? (Humeur de chat, Gandee Vasan, Hors Collection, 128 p., 45,95$).

Jour 11
African Interiors est un gigantesque volume, à l’instar du continent qu’il dépeint à travers les photographies de l’intérieur de ses maisons. On s’imprègne de modes de vie, d’une architecture et d’un type de décoration splendide en symbiose avec la nature, ce qui fait tant défaut à la culture occidentale. Dans Maisons du monde, on sillonne le globe pour saisir les influences et les styles actuels. Les deux beaux-livres rassemblent des centaines de clichés signés par la même voyageuse et photographe réputée. Dans chacun d’eux, on puise l’inspiration pour revamper son chez-soi, ou carrément l’impulsion pour déménager sous des cieux plus cléments (African Interiors, Deidi von Schaewen, Taschen, 722 p., 69,95$; Maisons du monde, Francesca Torre (texte) et Deidi von Schaewen (photo), Aubanel, 320 p., 73,95$).

Jour 12
Allemagne, IIIe Reich: Histoire/Encyclopédie, Hitler et Le débarquement retracent l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, des racismes du nazisme au débarquement de Normandie. L’un se veut un dictionnaire encyclopédique sur l’Allemagne nazie dont l’aspect aride est, par chance, compensé par des entrées précises. L’autre est une version concise et nettement plus accessible de la monumentale biographie en deux volumes consacrée au Führer par le plus grand spécialiste de la question. Hommage aux soldats tombés au combat, le dernier est un coffret contenant un livre décrivant la journée qui allait être le prélude de la chute du IIIe Reich et une pochette pleine de fac-similés fascinants (Allemagne, IIIe Reich: Histoire/Encyclopédie, Mathilde Aycard et Pierre Vallaud, Perrin, 544 p., 54,95$; Hitler, Ian Kershaw, Flammarion, coll. Grandes biographies, 1202 p., 49,95$; Le débarquement, Richard Holmes, Gründ, 42,95$).

Jour 13
Père Noël mes fesses! est un merveilleux «anti-conte» de Noël pour les 7 à 77 ans, ceux qui, enfants, ont été un peu ou très traumatisés de découvrir que leurs étrennes provenaient du centre commercial et non du Pôle Nord et qui… adorent tout du décorum des fêtes, de l’emballage des cadeaux en cachette au soir du dépouillement! Alex, 10 ans, voit son innocence s’envoler quand sa sœur aînée lui révèle que le bonhomme à barbe blanche vêtu de rouge n’est qu’une grosse frime, mais qu’il doit tenir sa langue, car les parents ne sont pas encore prêts… mais prêts pour quoi? Avec la complicité d’un copain mis dans le coup, le garçon tente de surprendre ses géniteurs la main dans le sac, à qui d’ailleurs il ne pardonne pas de lui avoir menti… La magie de Noël pourra-t-elle de nouveau exister? (Père Noël mes fesses!, Thierry Lenain (texte) et Bruce Roberts (ill.), Les 400 coups, coll. Carré blanc, 32 p., 14,95$).

Jour 14
Original, piquant, sensuel: 1080 recettes est à la nourriture espagnole ce que Le Grand Larousse gastronomique représente pour la fine cuisine du monde: une bible. Original, parce que, sous sa couverture aux allures d’œuvre d’art hispano-mauresque, on s’attendrait à découvrir une photo de la Giralda de Séville et non les instructions pour réussir la paella. Piquant et sensuel, parce que les grands classiques dont il révèle les secrets, sauces, légumes, viandes, volailles, poissons et desserts, sont à l’image du caractère des habitants de l’Espagne. Enfin disponible en français, ce best-seller dont la première édition remonte à 1972, ici rehaussé par plusieurs photos et des centaines de dessins colorés qui dépeignent l’atmosphère du bouillant pays, est rédigé par deux spécialistes incontestées de la cuisine espagnole traditionnelle (1080 recettes, Simone et Inés Ortega, Phaidon, 976 p., 49,95$).

Jour 15
Au réveillon, déliez les langues avec les nectars décrits dans Les 1001 vins qu’il faut avoir goûtés dans sa vie. Dirigé par l’un des éditeurs du magazine The World of Fine Wine, cette brique recense, fiches techniques et photos à l’appui, des cépages somptueux, vieux et rares ou disponibles et prêts à la consommation. Une bible pour l’œnologue tant connaisseur qu’amateur. [Mmmmh!] est une école belge de cuisine grand public, pilotée par quatre chefs. On y enseigne tant l’art des sushis que celui du risotto et des macarons. Votre soirée n’en sera donc que plus in avec les verrines, cuillères, mousses, croquembouches, cocktails diaboliques et autres surprenants amuse-bouches proposés dans Abracadabra! Tous les must pour briller en cuisine (Les 1001 vins qu’il faut avoir goûtés dans sa vie, Neil Beckett (dir.), Trécarré, 960 p., 34,95$; Abracadabra! Tous les must pour briller en cuisine, Recettes de [Mmmmh!], Marabout,
192 p., 34,95$).

Jour 16
Chansons des quatre saisons, sixième et dernier livre-disque d’Henriette Major, aurait pu ne pas voir le jour. Laissé inachevé à la mort de Major, l’ouvrage a heureusement été complété par son fils, Patrice Dubuc, qui se considère comme privilégié d’avoir baigné, dès l’enfance, dans un univers de musique et de mots. Bref, avec ses vingt airs tirés du folklore d’ici et d’ailleurs, cet album soigneusement mis en images par quelques-uns de nos meilleurs illustrateurs permettra certes aux enfants de se trémousser et de chanter à tue-tête, mais plus important encore, de s’initier à la musicalité de la langue française (Chansons des quatre saisons, Henriette Major, Fides, 128 p., 24,95$).

Jour 17
Depuis quelques années, nombre d’acheteurs se sont tournés vers des maisons offertes à prix plus raisonnable, mais ayant souvent besoin de rénovations. Ce n’est pas une mauvaise chose; l’intérêt que les Québécois portaient déjà à leur patrimoine architectural a été décuplé par un marché immobilier favorisant les vendeurs. Premier ouvrage du genre à nous être strictement dédié, Restaurer une maison traditionnelle au Québec propose des solutions pratiques pour retaper sa demeure au goût du jour tout en conservant son cachet d’antan. Historien de l’art bien connu et auteur de Belles maisons québécoises (De l’Homme), l’auteur explique étape par étape la réalisation des travaux, prodiguant maints conseils sur la marche à suivre ou les matériaux à employer. À vos égoïnes! (Restaurer une maison traditionnelle au Québec, Yves Laframboise, De l’Homme, 280 p., 44,95$).

Jour 18
Maints ouvrages colligent des astuces pour faciliter le sommeil des nouveaux
parents et de leur nourrisson. Bébé dodo! 73 façons d’aider votre bébé à fermer l’œil, un album à la présentation soignée exposant soixante-treize moyens pour régulariser les biorythmes et ainsi éviter les dodos sporadiques et les affres de l’insomnie, est un bon point de départ, tant pour instaurer une hygiène de vie normale que pour pallier les mauvaises habitudes, qui se créent plus rapidement qu’on ne le croit. Une chouette petite synthèse qui se distingue, de plus, par ses clichés de poupons tout mignons (Bébé dodo!, Ann Treistman, Modus Vivendi, 144 p., 19,95$).

Jour 19
Catalogue de l’exposition éponyme à l’Hôtel de Ville de Paris qui se tient jusqu’au 28 février 2009, Jacques Prévert: Paris la belle permet de prendre connaissance de toutes les facettes de celui dont le nom n’est souvent, du moins au Québec, qu’accolé à Paroles, son recueil de poésie le plus célèbre. Et pourtant, ce touche-à-tout anticonformiste qui écrivit des scénarios pour le cinéma, joua au théâtre, chanta, peint et dessina était un artiste accompli follement épris de la capitale française, qu’il n’a que rarement quittée au cours de sa vie. L’accès aux fonds d’archives iconographiques, gérés par la petite-fille de Prévert, est évidemment tributaire du succès de ce projet (Jacques Prévert: Paris la belle, Eugénie Bachelot Prévert et N. T. Binh, Flammarion, 240 p., 69,95$).

Jour 20
Soixante pour cent des êtres humains vivent sur le continent asiatique, où l’on parle quarante-quatre langues. En le parcourant, le voyageur s’expose au choc des cultures, et doit accepter d’en revenir transformé. Conçu par l’équipe des guides Lonely Planet, Toute l’Asie: Pays par pays, les raisons de partir suggère huit itinéraires pour s’imprégner des paysages, mythes, légendes, cultures et spiritua­lités spécifiques à quarante-six pays. On a la piqûre de l’aventure grâce à cette synthèse géographique et historique généreusement ponctuée de photos. Ces mêmes civilisations millénaires ont droit à un coffee table book de taille, Hommage à l’Asie, préfacé par le romancier José Frèches. Ode à la beauté diversifiée de l’Extrême-Orient, le livre reprend les photographies d’Éveils: 365 pensées de sages d’Asie (De La Martinière). On ne se lasse pas d’en tourner les grandes pages… (Toute l’Asie: Pays par pays, les raisons de partir, Collectif, Lonely Planet, 232 p., 52,95$; Hommage à l’Asie, Olivier Föllmi, De La Martinière, 89,95$).

Jour 21
Jacques Brel s’est éteint le 9 octobre 1978. Parmi les parutions soulignant son héritage, retenons Jacques Brel et Brel par Leloir. Dans le premier album, concentré sur le rapport que Brel entretenait avec son art, on trouve, en marge de paroles de chansons, plusieurs photos inédites résumant les moments forts de la vie de l’auteur de «J’arrive». Dans le second, préfacé par la fille de Jacques, France, on admire quelque 200 portraits emblématiques, dont celui avec Ferré et Brassens, tous trois fumant autour d’une table lors d’une entrevue commune. Des pièces d’anthologie, intimes et révélatrices de la nature de l’homme, annotées de façon sensible par Jean-Pierre Leloir, qui a suivi pendant quinze ans cet artiste charismatique si important dans l’histoire de la musique francophone au XXe siècle (Jacques Brel, Philippe Crocq, Éditions Albin Michel, 144 p., 45,95$; Brel par Leloir, Gilles Verlant, Fetjaine, 128 p., 49,95$).

Jour 22
Une nouvelle mission de celui qui est au service de Sa Majesté est l’occasion de proposer la troisième édition, en sept ans, de James Bond 007, un résumé tout en images des personnages, gadgets et moments clés, de James Bond contre Dr No à Quantum of Solace. Toujours prêt à dégainer, tant face à un ennemi qu’au lit, James Bond est aussi une bonne fourchette! Écrit par deux fanatiques, Bon appétit Mr. Bond 7 analyse, le plus sérieusement du monde, la relation qu’entretient le charismatique agent secret britannique avec la bonne chère. Une telle argumentation, qui fait habilement le pont entre la filmographie et les romans de Ian Fleming, aurait toutefois mérité une présentation graphique plus lisible. L’amateur y trouvera tout de même son compte (James Bond 007, Alastair Dougall, Hurtubise HMH, 176 p., 29,95$; Bon appétit Mr. Bond 7, Claire Dixsaut et Vincent Chenille, Éditions Agnès Viénot, 288 p., 49,95$).

Jour 23
Les magazines publiant des «histoires de crimes» voient le jour avec l’apogée du jazz, et le gangstérisme, apparu pendant la grande crise, amplifie leur popularité. Après la prohibition, lorsque les criminels sont morts ou emprisonnés, que l’alcool est de nouveau légal, on remplace, sur les couvertures, les émules de Bonnie et Clyde par des garces sexy afin de représenter le danger. Les éditions Taschen publient True Crime: Detective Magazines 1924-1969, un livre écrit en trois langues qui dépeint une page captivante de l’histoire littéraire, culturelle et sociale américaine. Plus de 450 couvertures de magazines y sont colligées. Une pièce de collection pour les amateurs d’enquêtes policières et ceux qui sont fascinés par l’imagerie des années 30-60 (True Crime: Detective Magazines 1924-1969, Eric Godtland et Dian Hanson, Taschen, 336 p., 54,95$).

Jour 24
Nos grands-mères attendaient le soir du 24 décembre pour déposer le petit Jésus dans la crèche. Cette année, au lieu de se recueillir devant une représentation en cire de celui qui, depuis vingt siècles, est la figure dominante de l’histoire de l’art et de la culture occidentale, on s’émerveillera face à Jésus de Nazareth, du pape Benoît XVI. Ce livre luxueux reproduit une recherche personnelle faite sur les Évangiles par Joseph Ratzinger. En dix chapitres émaillés de 150 œuvres picturales allant des miniatures de l’époque médiévale aux œuvres de Chagall, Benoît XVI se penche sur les événements publics les plus signifiants de la vie du Christ, du baptême dans le Jourdain à la Transfiguration. Le mystère de Dieu et de son fils, qui nourrit l’imaginaire depuis 2000 ans est, ici, d’une éclatante limpidité (Jésus de Nazareth, Benoît XVI, Flammarion, 440 p., 99,95$).

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