Hélène Dorion exprime son attachement pour les libraires

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Pour Hélène Dorion, l’écriture est moins une expression qu’une écoute. Une écoute des choses essentielles et, pourrait-on dire, de l’essentiel. Sa poésie s’interroge fondamentalement sur notre manière d’être au monde et sur l’intime pour en arriver à l’universel. Débutée il y a vingt-cinq ans, son œuvre publiée a connu les honneurs de la prestigieuse collection «Rétrospectives» à l’Hexagone, sous le titre Mondes fragiles, choses frêles: Poèmes 1983-2000. Son dernier recueil est Le hublot des heures, publié aux éditions de La Différence.

Le libraire est un amoureux patient. Il ouvre les livres comme on ouvre un cœur, touche du bout du doigt un nom, et derrière ce nom, il aperçoit un visage, voit les années de lent travail pour que se déploie l’univers qui l’appelle.

Le libraire est un amoureux attentif. Au moindre bruissement de page, il tend l’oreille, promène son regard jusqu’à ce qu’il trouve un titre, puis s’approche; il désire tant qu’ait lieu la rencontre, et que l’espace de magie qui relie un livre à un lecteur, cet espace auquel il croit plus que tout, se mette soudain à résonner.

Le libraire est un amoureux libre. Il se laisse entraîner au fond des mots et remonte aussitôt à la surface de la phrase, éprouvant chacune de ses aspérités, chacune de ses brèches. Révélation, célébration: le libraire est un amoureux enchanté.

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