Éditions Scholastic: À l’école de la lecture

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L'histoire des Éditions Scholastic prend racine dans les années 20, à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Maurice Robinson, dit «Robbie», met en place les bases d'une maison d'édition pour la jeunesse nouveau genre. Il a en tête de rendre vraiment accessible les livres pour les enfants en ne publiant pas que des romans. Pour cet homme d'affaires visionnaire, toute publication, de la découverte des animaux à celle des pays en passant par Marie Curie, la Lune, le hockey et mille autres sujets, doit être à la portée du lecteur en herbe. En premier lieu, Robinson s'intéresse donc aux fascicules de type documentaire, qui abordent maints thèmes et sont facilement déclinables en différentes collections.

Un magazine voit d’abord le jour, puis des éditions luxueuses. Mais Maurice Robinson adoptera en définitive le format paperback, les livres à la couverture souple, qui s’avèrent parfaits pour les enfants ainsi que leurs parents. Le PDG actuel de Scholastic et fils du fondateur, Richard Robinson, qui habite à New York, a repris le flambeau de son père. Il a conservé pour l’entreprise les mêmes assises, quoique l’offre se soit diversifiée au fil des années avec la multiplication des livres, et que certains d’entre eux soient désormais imprimés sous une couverture rigide.

C’est en 1957 que la société Scholastic Canada s’incorpore. À partir de cette date, elle développe un impressionnant réseau de filiales à travers plusieurs pays, dont l’Australie, l’Inde, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et le Canada. C’est depuis une trentaine d’années environ que l’éditeur publie des livres pour les lecteurs francophones ou francophiles. Chantale Lalonde explique que «la division française de Scholastic a vu le jour parce que les livres pour enfants [dans cette langue] étaient difficiles à dénicher. Un club du livre en français a pris forme puis, petit à petit, des titres adaptés au marché francophone se sont ajoutés au catalogue».

Tiercé gagnant
Développer le plaisir de lire chez l’enfant, la clé de voûte des livres griffés Scholastic, implique nécessairement la participation du parent et de l’enseignant. «Ils ont un rôle vital à jouer dans la démarche de l’enfant, qui doit participer au monde dont il fait partie», soutient Chantale Lalonde. Par conséquent, la maison d’édition n’a jamais lésiné sur les moyens mis en œuvre pour entretenir cette synergie. Et même si elle a peu de contacts directs avec les écoles, Scholastic reste très préoccupée par la question de l’environnement propice à l’épanouissement de l’enfant. Pour cette raison, des clubs de lecture adaptés aux besoins des enseignants québécois ont été fondés. Et pour répondre à la fois aux besoins des enseignants et à ceux des parents, le plus fidèle allié qui soit, le libraire, s’avère stratégique. «Il connaît les goûts des jeunes lecteurs, les tendances du marché. [Il donne] un reflet juste [du marché] dont il serait difficile de se passer», estime Chantale Lalonde.

Une mosaïque de collections
Pour rejoindre chaque type de lecteurs en herbe, la directrice générale de la division francophone suggère une recette qui a fait ses preuves: mettre à leur disposition des livres, partout, où qu’ils soient. La raison en est évidente: le jeune lecteur ne sait pas encore ce qu’il aime lire. Ainsi, Chantale Lalonde remarque que les garçons semblent davantage attirés par des ouvrages aux sujets plus axés sur le concret comme la biographie, tandis que les filles versent plus facilement dans la fiction. Certes, il faut toutefois permettre à l’enfant de se faire son idée sur le type d’œuvre qui lui procure plaisir et satisfaction. Ainsi, plus vaste sera la sélection de livres l’environnant, et plus concluante sera son exploration. Surprendre le jeune lecteur constitue le leitmotiv de Scholastic, qui compte à son catalogue plus de soixante-dix collections rejoignant un large lectorat, de la petite enfance à l’adolescence, des séries «Je veux lire» à «Mon journal full nul», des aventures de la tortue Benjamin à l’univers de Robert Munsch.

En achetant les droits de ces œuvres publiées dans tous les pays et en les traduisant, l’équipe éditoriale de Scholastic fait un choix stratégique. Parmi ses récents albums coups de cœur conçus pour les 3 à 5 ans, mentionnons Gros bobo et Gros grognon du Torontois Jeremy Tankard; pour les 4 à 8 ans, Le rêve de Martin Luther King de Jean Marzollo; ainsi que pour les 9 à 12 ans, Silverwing et Darkwing, qui font partie de la série de romans fantastiques de Kenneth Oppel. Mentionnons finalement L’invention de Hugo Cabret de Brian Selznick, un roman graphique de 550 pages illustrées par l’auteur, récipiendaire de plusieurs prix littéraires dont la Médaille Caldecott 2008, qui récompense le meilleur livre pour enfants de l’année. Le sort préoccupant de la planète Terre a aussi mené à la création de la collection «Viser vert», dont tous les titres sont liés aux enjeux environnementaux: J’économise l’énergie, Je protège l’environnement et Je recycle.

Dix pour cent des livres publiés par la division franco-torontoise de Scholastic sont des créations intégrales et inédites d’auteurs et d’illustrateurs québécois. On retrouve notamment dans le catalogue de l’éditeur Cours, cours Nicolas! et Un amour de Nicolas!, du tandem Gilles Tibo, auteur, et Bruno St-Aubin, illustrateur. L’œuvre de Mélanie Watt, qui signe et illustre elle-même ses albums, occupe également une place de prédilection dans le catalogue. Son personnage fétiche, Frisson, un écureuil froussard qui doit surmonter ses peurs (Frisson l’écureuil à la plage, Frisson l’écureuil en pleine nuit, etc.), fait craquer les lecteurs âgés d’entre 3 et 8 ans.

Restée jeune de cœur comme d’esprit, la maison d’édition Scholastic, qui a décidement de la classe, n’a pas fini de surprendre!

Éditions Scholastic
604, rue King Ouest
Toronto (Ontario) M5V 1E1
416 915-3510
www.scholastic.ca/editions

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