Cri d’alarme face à la concentration dans la librairie

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Le Libraire reproduit ici la lettre largement diffusée dans les médias et quotidiens québécois le jeudi 18 novembre 2004, jour de l'ouverture du 27e Salon du livre de Montréal. .
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Au moment où les librairies Renaud-Bray s’apprêtent à ouvrir une 27e librairie à Montréal et où le groupe Archambault — propriété de Quebecor — s’apprête à en ouvrir une 15e à Gatineau, les libraires et éditeurs indépendants ainsi que des auteurs de tous les horizons poussent un cri d’alarme face à cette concentration. D’autant plus que ces deux entreprises n’ont pas caché leur volonté de continuer leur expansion, qui s’effectuera au détriment des librairies indépendantes.

Il n’y a qu’à constater les ravages dans l’édition canadienne provoqués par la chaîne Chapters-Indigo, qui contrôle plus de 50% des ventes de livres au Canada anglais, ou le problème des industries cinématographiques ou musicales dans les pays où la diffusion et les ventes au détail sont hyper-concentrées, pour être inquiet de l’avenir de « l’écosystème » du livre québécois.

Les auteurs, libraires et éditeurs soussignés demandent à la ministre de la Culture du Québec d’étudier le problème et de mettre en vigueur des mesures pour limiter et encadrer une concentration qui devient abusive dans le domaine du livre. Il en va de notre capacité d’offrir une diversité créatrice.

Quel sera notre choix lorsqu’une ou deux entreprises (qui doivent avoir une bonne rentabilité pour leurs investisseurs) décideront de proposer aux lecteurs du Québec entier un nombre restreint de titres commerciaux, à forte rentabilité, au détriment de la littérature québécoise ? Que l’on ait du mal à se procurer des livres plus « culturels » dans certaines chaînes de librairies est un problème grave, mais si ces chaînes devaient contrôler 40%, 50% ou plus du marché, la
situation deviendrait catastrophique.

Il est bien de parler de diversité culturelle sur le plan mondial, il est mieux de la garantir d’abord chez nous.

Nous demandons donc à la ministre Line Beauchamp de prendre rapidement des mesures concrètes avant que le réseau de librairies dont le Québec s’enorgueillit ne devienne un beau souvenir !

Suivait une liste de signataires :
LIBRAIRIES : Yvon Lachance, président de l’ALQ, Alire (Longueuil), A à Z (Baie-Comeau), Blais (Rimouski), J.A Boucher (Rivière-du-Loup), Les Bouquinistes (Chicoutimi), Clément Morin (Trois-Rivières), L’Écume des jours (Montréal), Le Fureteur (Saint-Lambert), Gallimard (Montréal), Globe Trotter, Lincourt (Terrebonne), Monet (Montréal), Olivieri (Montréal), Paulines (Montréal), Pantoute (Québec), René Martin (Joliette), Raffin (Montréal), Du Soleil (Hull), Librairie du Square (Montréal), Tome Un (Lévis).

ÉDITEURS : Les 400 coups, Boréal, Écosociété, Fides, Hurtubise HMH, Lanctôt, Leméac, Liber, Le Noroît, La Pleine Lune, Médiaspaul, Nota bene, Presses de l’Université de Montréal, Soulières, Triptyque, Trois-Pistoles, XYZ.

AUTEUR(E)S : Bruno Roy, président de l’UNEQ, Yves Beauchemin, Victor-Lévy Beaulieu, Stéphane Bourguignon, Chrystine Brouillet, Gil Courtemanche, Jean-Marc Dalpé, Hélène Dorion, Jacques Godbout, David Homel, Nancy Huston, Stéphane Jorisch, Naïm Kattan, Marie Laberge, Marie-Andrée Lamontagne, Alberto Manguel, Andrée A. Michaud, Stanley Péan, Jean-Jacques Pelletier, Raymond Plante, Louise Portal, Jacques Poulin, Pascale Quiviger, Monique Proulx, Marc Robitaille, Michel Tremblay, Pierre Vadeboncoeur, Guillaume Vigneault, Yolande Villemaire.

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