Poésie et théâtre: rentrée 2015

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Voici un bref, et loin d'être exhaustif, topo sur la rentrée automnale 2015 en poésie et en théâtre. Régalez-vous! 

Five kings. L’histoire de notre chute
Olivier Kemeid (Leméac)

Projet colossal, cette réécriture du cycle des rois de Shakespeare, entamé en 1939 par Orson Welles et dont Kemeid a repris l’idée il y a quatre ans. L’Angleterre médiévale, ses fratricides, ses dérives et ses abus de pouvoir sont dépeints dans cette pièce de cinq heures qui sera présentée en octobre, à Montréal et à Ottawa. Une façon de lire, de découvrir, Shakespeare autrement. 

 

Renard
Simon Philippe Turcot (La Peuplade)

L’auteur – et éditeur – saguenéen offre une déambulation dans les méandres de la création et de l’amour grâce à un narrateur qui recherche dans la nature l’essence de ce qu’il posera ensuite sur sa toile. Prose et vers s’alternent dans ce recueil calmant qui nous enjoint à la réflexion et où l’errance devient inspiration. 

 

Nos attentats domiciles
Catherine Poulin (Hexagone)

Si le sujet choisi – un nouvel espace habité – paraît terre-à-terre et extrêmement ancré dans le quotidien matériel, la poète arrive à y insuffler une poésie qui ébranle les chantiers de nos conceptions habituelles. « Tous nos fantômes fuyaient des robinets jusqu’à nos pieds. » On découvre que l’art se cache partout.   

 

Autres titres à paraître, en rafale… 

Au Noroît, c’est une solide brochette de poètes qui nous attend : Ian Lauda (Altitude), Hector Ruiz (Désert, et renard du désert), Paul Chanel Malenfant (D’un genre l’autre), Hugues Corriveau (Et là, mon cœur), Pierre DesRuisseaux (Embellie), Jean Royer (Félure, la quête), le retour après dix ans de Marc-André Brouillet (Ta voix) et plusieurs autres. Au Lézard amoureux, nous succomberons assurément à Stéphanie Filion (Nous les vivants), tandis qu’à l’Interligne, nous nous attarderons aux vers de Gilles Latour dans Mots qu’elle a faits terre. Fernand Ouellette est de retour à l’Hexagone avec Avancées vers l’invisible, qui aborde cette façon de devoir rester debout, et de continuer d’avancer, lorsque l’être aimé nous a quittés.

Chez Triptyque, c’est le retour du grand Joël Desrosiers, dont la verve impressionne toujours autant dans Chaux. Chez ce même éditeur, nous sommes curieux de découvrir Arte et chienne de l’auteure qui nous avait offert La maudite Québécoise, Janis Locas, ainsi que Diane-Ischa Ross avec Les jours tigrés. Aux Éditions du Passage, ce sont deux nouveaux poètes qui s’affichent : Sara Dignard, dont l’œuvre est ancrée dans l’univers insulaire des îles de la Madeleine (Le cours normal des choses); et Antoine Dumas, qui se démarque admirablement par son écriture forte, créative et libérée. Du côté de Mémoire d’encrier, Éros et Thanatos s’entremêlent dans Naître si mourir, de Hyam Yared. Et au Quartanier, pas de doute sur l’excellence du prochain Mathieu K. Blais, Tabloïd.

Les éditions David nous régalent d’un nouveau recueil de haïkus, simplement nommé Haïku,cette fois signé par neuf haïkistes de la Côte-Nord. Et, entre la mer et le ciel qui inspirent, François Baril Pelletier nous entraîne dans un voyage intérieur avec Déserts bleus. Chez Prise de parole, une anthologie de Gérald Leblanc est annoncée sous le titre L’extrême frontière. Poèmes 1972-1988. Quant aux éditions de la Pleine lune, elles publient Poèmes sans âge, de Marie-Célie Agnant. Soulignons également Les lieux de l’amour (Du blé) un recueil de poèmes érotiques signé par Charles Leblanc et illustré par Bertrand Nayet, sur ces endroits, parfois incongrus, qui sont témoins d’ébats amoureux. 

Les parutions d’Atelier 10 sont toujours des petits bonheurs. Cet automne, il annonce la parution de la pièce Le dénominateur commun, signée François Archambault et Emmanuelle Jimenez, qui explore les trois grandes questions existentielles que sont « Qui sommes-nous? », « Où allons-nous » et « D’où venons-nous? » dans une vision qui mêle art et sciences. 

Finalement, côté théâtre, on se plongera dans les répliques de Voiture américaine (Leméac) de Catherine Léger ou encore dans les dessous du TNM où a été montée la pièce Le journal d’Anne Frank d’Éric-Emmanuel Schmitt, dans une mise en scène de Lorraine Pintal, grâce à Coulisses, une incursion en mots et en images sur et derrière la scène. 

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