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Frissons garantis

Frissons garantis

Par Antoine Tanguay, Les libraires, publié le 17/10/2006
Dans la dernière édition du journal le libraire, nous avons survolé les principales matières à l’étude pour la rentrée (des classes) : les domaines du roman, de la bande dessinée et de l’essai se sont avérés riches en promesses. Faute d’espace, mais aussi pour faire durer le plaisir de la découverte, nous avions mis de côté la matière pourtant abondante du roman policier, de la science-fiction et du fantastique. Voici donc le dernier volet de notre bulletin de saison.
Criminologie
Au rayon policier, les auteurs se bousculent toujours autant cet automne pour attirer l’attention des lecteurs qui, bien que nombreux, ont l’embarras du choix et risquent de s’y perdre. Essayons d’y voir clair.

Quelques valeurs sûres pour commencer : À tombeau ouvert de Kathy Reichs (Robert Laffont) offre une intrigue alliant histoire religieuse et anthropologie judiciaire. Ce livre devrait dominer les palmarès, aux côtés des derniers romans d’Harlan Coben (Du sang sur le green, Fleuve Noir), d’Ake Edwardsson (Le Voile de pierre, JC Lattès), du toujours rigolo Carl Hiaassen (Queue de poisson, Denoël), de Robert Wilson (Les Damnés de Séville, Robert Laffont) et de Thierry Jonquet (Ils sont votre épouvante, Seuil). On surveille aussi de près les nouveaux livres de Michael Connelly (Chroniques du crime, Seuil), de Jonathan Kellerman (Le Club des conspirateurs, Seuil) et surtout de William Bayer, dont le roman La Ville des couteaux (Rivages) propose un savant mélange de crime, de nazisme et de tango.

Ceux et celles qui n’auraient pas eu la chance de lire quelques-unes des plus grandes enquêtes de Kay Scarpetta imaginées par Patricia Cornwell pourront se reprendre avec la nouvelle traduction (signée Andrea H. Japp) de La Séquence des corps et d’Une mort sans nom (Flammarion Québec). Toujours au chapitre des secondes chances, on réédite aux Éditions du Masque Les Jeux de l’amour et de la mort de Fred Vargas, la coqueluche de l’heure en littérature policière française. Quelques semaines avant la parution de J’ai épousé un inconnu de Patricia MacDonald, Joyce Carol Oates revient chez Albin Michel sous le pseudonyme de Lauren Kelly (Cœur volé). Fait à noter, l’éditeur n’a pas hésité à indiquer bien clairement sur la couverture le véritable nom de cette grande écrivaine américaine, s’assurant peut-être par là une meilleure visibilité dans un rayon où la concurrence abonde. Plus près de chez nous, Alire poursuit son édition des enquêtes de Charlie Salter, signées Eric Wright, avec Une affaire explosive.

Caleb Carr, l’auteur de L’Aliéniste et de L’Ange des ténèbres, a de son côté décidé de faire renaître le célèbre Sherlock Holmes dans Le Secrétaire italien (Presses de la Cité), un roman que l’on dit très fidèle à l’esprit de la série d’aventures écrites par Arthur Conan Doyle au tournant du XIXe siècle. En marge de cette sortie attendue, signalons aussi qu’Eric Wittersheim publie le second tome de sa nouvelle traduction des Aventures de Sherlock Holmes chez Omnibus. Mentionnons que le célèbre détective tient également le premier rôle dans Le Testament de Marie-Madeleine de Laurie R. King, un des gros titres de la saison chez Michel Lafon. Plusieurs grandes figures de l’histoire reprennent d’ailleurs vie grâce aux romans cet automne. On nous propose entre autres de découvrir la vie intime de Michel-Ange (Le Carnet secret de Michel-Ange, Paul Christopher, Fleuve Noir), de Cézanne (Requiem pour Cézanne, Bertrand Puard, Belfond) et les carnets du scientifique Charles Darwin dans La Conspiration Darwin de John Darton (Michel Lafon), un livre qui connaît déjà beaucoup de succès.

Crimes et dessous de l’histoire officielle ont plus que jamais la cote. Plusieurs auteurs surfent sur cette vague (ou ce tsunami) d’intérêt déclenché par le Da Vinci Code. Et rien ne semble présager que l’association entre l’histoire, l’archéologie et le crime perdra sous peu de sa vigueur. Dans Le Dernier Templier (Presses de la Cité), Raymond Khoury, pour ne nommer que lui, lance un agent du FBI et une jeune archéologue sur la piste d’un secret qui pourrait faire tomber la chrétienté… Rien de moins.

Futurologie
Au rayon de la science-fiction et de la fantasy, les Éditions Alire, qui fêtaient récemment leur dixième anniversaire, nous proposent la conclusion des «Chroniques de l’Hudres» d’Héloïse Côté (L’Ourse et le Boucher), le quatrième tome du cycle «Reine de Mémoire» d’Élisabeth Vonarburg (La Princesse de vengeance) et un conte de fée féministe signé Marie Jakober (Même les pierres…). Chez Albin Michel, Bernard Werber laisse momentanément de côté son cycle des «Thanatonautes» pour nous offrir un petit conte futuro-poétique intitulé Le Papillon des étoiles. Chez le même éditeur, Maurice Dantec nous gratifie d’un autre ambitieux pavé intitulé Grande Jonction. Du côté de Robert Laffont, on note la réédition du Printemps d’Helliconia de Brian Aldiss, premier tome de la trilogie «Helliconia», que plusieurs qualifient de classique de la SF moderne. Les éditions du Diable Vauvert publient quant à elles L’Ombre de l’oiseau lyre d’Andrès Ibáñez, ainsi que le très attendu Anansi Boys de Neil Gaiman. Enfin, Bragelonne poursuit la
publication des cycles «Shannara» de Terry Brooks, «L’Étoile de Pandore» de Peter F. Hamilton et une intégrale des «Chroniques de Féals» de Mathieu Gaborit.

À la croisée du suspense et de la romance gothique, L’Ombre des autres de Nathalie Rheims (Éditions Léo Scheer) nous transporte à la fin du XIXe siècle, dans un vieux manoir français, où rôdent des groupes spirites et religieux. Les territoires du paranormal n’ont plus de secrets pour Rheims qui, même dans ses romans les plus sages, imprègne sa prose d’un doux mystère et d’un parfum de fantastique. Et puisqu’il est question de fantastique, les lecteurs du monument de la littérature italienne qu’est Dino Buzzatti seront heureux de pouvoir mettre la main sur Nouvelles inquiètes (Robert Laffont), un recueil de quarante-neuf textes inédits en français. Enfin, les amateurs d’horreur, de suspense et de surnaturel devront attendre jusqu’au printemps pour mettre enfin la main sur Le Vide, le tout dernier Patrick Senécal (Alire).

La fournée automnale cuvée 2006, option «littératures de genre», révèle donc de nombreux élèves modèles qui, à coup sûr, sauront occuper happer votre intérêt. Bonne lecture !
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