L’île et le reste

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«Demain si la mer est docile/Je partirai de grand matin/J'irai chercher une île/Celle que tu montres avec ta main» Cette terre chantée par Félix Leclerc trente ans avant son Tour de l'île est-elle la verdoyante Isle de Bacchus de Jacques Cartier, nommée ainsi pour ses nombreuses vignes sauvages? Rebaptisée dès 1536 en l'honneur du duc d'Orléans, l'âme de l'île, mise en lumière dans un recueil d'aquarelles de l'artiste peintre Faber, est une source d'inspiration inépuisable.

Après les Carnets des Îles de la Madeleine, les éditions Les Heures Bleues poursuivent en douceur leur tournée insulaire, en dessins et en haïkus, avec les Carnets de l’île d’Orléans. Les courts poèmes de tradition japonaise célèbrent, en toute simplicité, la beauté de ses 67 km de champs, de vent et de pommes. Au gré d’un tour de l’Île, de Saint-François à Sainte-Pétronille, on constate qu’on ne se lasse jamais de redécouvrir ce joyau patrimonial.

«Le Cap-Tourmente borne au loin l’horizon maritime avec une courbe bleuâtre […]; la Côte-de-Beaupré étale ses prairies; derrières elles, les forêts et les lacs s’étendent vers les lointaines régions polaires; et, tout près, la rivière Montmorency se précipite en une chute gigantesque aux abords du grand fleuve. Tel est le magnifique panorama qui se déploie de tous côtés […]» Jean O’Neil offre plus qu’un tour panoramique pour touristes, il propose une visite anecdotique riche de cette vie insulaire avec sorciers, maraîchers et vignerons, sans oublier de glorifier les beautés simples qu’apportent les saisons et les oies en migration… Trente-deux récits pour rendre hommage à Une autre île d’Orléans, celle du boucher du village et du peintre Horatio Walker, en passant par la Route des Prêtres ou le Moulin de la Jasette.

Nul doute, il y a l’île d’Orléans et le reste du continent.

Image: Sainte-Famille, île d’Orléans, Marc-Aurèle Fortin (1941)

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