Corinne Larochelle présente son nouveau livre: Vent debout

5

À l’écoute de ses vers, on n’a jamais à se demander de quelle bouche ils proviennent, tellement la manière et la voix de la poète, nouvelliste et essayiste Corinne Larochelle sont uniques, reconnaissables entre toutes.

En termes marins, «vent debout» correspond à ce moment où la proue du bateau est face au vent. Il s’agit d’une position transitoire qu’on emprunte le temps de changer les voiles de côté.

Avec ce recueil, j’ai eu envie de franchir la zone de vent debout pour voir quelles possibilités peuvent surgir derrière l’horizon. J’étais prête à m’aventurer à la limite de l’inconfort, à revenir à l’état de boue, à avancer à tâtons dans la nuit, à me perdre de longues heures avant de renouer avec un flair qui semblait perdu. Je voulais surtout disparaître un instant, me laisser tomber: assez de ce maudit équilibre qui ne nous permet pas toujours d’avancer.

Le passage comme espace de transformation appelait naturellement des références au monde animal dont témoignent les titres de section: «sabots» et «vibrisses». Au plus près du désarroi, lorsque l’on est confronté aux éléments qui se déchaînent, l’intuition reste le guide le plus sûr. Puis, ce qui paraissait impossible a lieu, un changement, une métamorphose. Longtemps resteront les traces de ce parcours: tu regardes parfois / l’habitat laissé derrière / la surface du lac / a coulé entièrement du sablier.

Bibliographie :
Vent debout, Le Noroît, 80 p., 17,95$ Parution : 1er novembre

Publicité