Rentrée 2014 : Polar et littératures de l’imaginaire

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Chaque automne, ils sont plusieurs auteurs à jouer du coude pour se tailler une place en librairie, pour se frayer un chemin jusqu’à vous, lecteurs. Cette année, nous vous proposons un tour d’horizon, toutefois loin d’être exhaustif, des têtes d’affiche de la rentrée 2014. Ainsi, sortez votre panier et cueillez dans ce champ de nouveautés vos prochains coups de cœur!

À LIRE SUR-LE-CHAMP :

Lignes de fuite
John Harvey (Rivages)
C’est à la fin octobre que nous pourrons nous lancer dans les tribulations de la jeune inspectrice d’origine jamaïcaine Karen Shields, qui enquête sur la mort d’un jeune Moldave, et dans celles de l’inspecteur quinquagénaire Trevor Cordon, qui enquête, également à Londres, sur la disparition d’une femme qu’il a connue 15 ans plus tôt. Bien vite, ces deux histoires, voire ces deux univers, se croiseront, poussant les deux enquêteurs, aux antipodes l’un de l’autre, à collaborer. John Harvey, auteur décoré d’innombrables prix parmi les plus prestigieux en lien avec le roman policier, frappera assurément à nouveau avec ce titre!

300 mots
Richard Montanari (Le Cherche-midi)
Richard Montanari, à qui on doit le succès du roman 7, revient avec force avec un roman policier mettant en scène Nick, journaliste endetté, qui doit faire un papier de 300 mots sur l’affaire d’un prêtre retrouvé mort avec une seringue d’héroïne plantée dans le bras et une prostituée à ses côtés, dans un lit. Aux fins de son article, Nick se retrouvera mêlé à un chassé-croisé tendu, où le tueur en question est obsédé par un poème de T.S. Eliot et procède en rappelant à ses victimes un souvenir qu’elles auraient voulu oublier. Y a-t-il un lien entre cette histoire et le meurtre d’une adolescente, vingt ans plus tôt? Deux coupables, avec des récits dans le passé comme dans le moment présent, se dessineront aux yeux de Nick, pour le plus grand plaisir du lecteur.

La traque
Roderick Thorp (Sonatine)
Ce n’est peut-être pas aussi connu que ça le devrait, mais le film Die Hard a été adapté d’un livre, signé Thorp. Voici donc le dernier livre de cet auteur, décédé en 1999, inédit en français depuis sa parution en langue originale en 1997. La traque est un thriller noir, inspiré par un vrai tueur en série qui a sévi durant les années 1980. Tout débute alors qu’une prostituée est trouvée morte sur une scène de crime et que Phil, détective de la brigade des mœurs de Seattle, semble avoir une idée d’un suspect potentiel. Cependant, son rapport ne trouve aucun écho chez ses supérieurs et Phil décide donc de mener, seul, une enquête sur près de dix ans, qui l’entraînera dans une spirale cauchemardesque alors que les victimes se multiplient.

 

BONHEURS DE SAISON :

La mandibule argentée
Bertrand Busson (Marchand de feuilles)
Busson, avec son vocabulaire étendu et sa syntaxe coulante, nous entraîne dans un « thriller gourmand », où un dentiste hors-norme aide un enquêteur gourmet à résoudre d’étranges crimes. Un vrai délice!

Meurtre à Côte-des-Neiges
David Montrose (Hurtubise)
Une première traduction française pour Montrose (1920-1967), dont l’humour noir a fait ses preuves. Dans le Red Light montréalais des années 40, imprégné de mauvais bourbon, un détective enquête sur le meurtre du chef d’une maison de jeu. Toutefois, il se retrouve avec deux cadavres : le caïd et son double…

Écrire le mal
Claude Champagne (Druide)
Cofondateur de Dramaturges éditeurs, Claude Champagne donne à lire un journal intime, un récit psychologique qui démantèle le mal sous toutes ses coutures. C’est l’histoire d’un écrivain au sein d’une agence de détectives privés; un polar qui parle aussi de la douleur d’un père.

Damnés
Chuck Palahniuk, (Sonatine)
Selon l’éditeur, Damnés est « la version Six Feet Under de Breakfast Club », rien de moins! Après Fight Club, Palahniukraconte l’histoire de Madison, 13 ans, élevée entre plaisir et culture pop. Mais la voilà qui meurt et qui se retrouve en enfer, entre Sontag, Cobain, Hendrix, Monroe et Dean, cherchant les raisons de sa mort.

Debout dans la tombe d’un autre
Ian Rankin (Le Masque)
Le grand bourru d’inspecteur Rebus est de retour, bien qu’il soit à la retraite. Il s’occupe dorénavant des affaires classées non élucidées et c’est grâce à une série de disparitions, datant des années 2000, qu’il réintégrera son ancienne équipe, qui, vu son humeur, lui tournera le dos rapidement!

Dernier jugement
Jane Casey (Presses de la Cité)
Celle qui nous avait donné Ceux qui restent revient en force avec une intrigue qui pose la question suivante : jusqu’où peut-on faire la justice soi-même? Un homme, redoutable assassin, traque les pédophiles, et mettra en danger la jeune enquêtrice chargée de l’en empêcher.

La faille en toute chose
Louise Penny (Flammarion Québec)
L’un des dix meilleurs livres de l’année, selon le Washington Post, La faille en toute chose de la Québécoise hautement récompensée Louise Penny ramène l’inspecteur Armand Gamache dans les Cantons-de-l’Est, cette fois à la recherche de la dernière des quintuplées Ouellet, qui a mystérieusement disparu.

 

Du côté des romans étrangers
Parmi les grosses pointures attendues hors de notre province, on salue le retour d’Henning Mankell avec Une main encombrante (Seuil), de Deon Meyer avec Kobra (Seuil), de Lars Pettersson avec La loi des Sames (Gallimard) et de C.J. Box qui nous entraîne, dans Au bout de la route, l’enfer (Seuil), où il est question de disparitions de prostituées. Aussi, Sylvain Kermici (Hors la nuit), Lawrence Block (La balade entre les tombes) et Jérôme Leroy (L’ange gardien), tous chez Gallimard, sont à surveiller. Et, début novembre, ce sera un R.J. Ellory (Les neuf cercles, Sonatine) qui ravira les fidèles. Pour les amateurs de romans noirs, il faudra surveiller Deep Winter de Samuel Gailey (Gallmeister) : vingt-quatre heures dans la noirceur des laissés-pour-compte américains.

J.K. Rowling, sous son pseudonyme Robert Galbraith, revient avec Le ver à soie (Grasset). Toujours du côté de l’écriture au féminin, Lisa Gardner propose Arrêtez-moi (Albin Michel), Elizabeth George publie Juste une mauvaise action (Presses de la Cité) alors que Sophie Hannah signe Le nouveau roman d’Hercule Poirot (Le Masque). Du côté d’Actes Sud, c’est Nele Neuhaus qui retient l’attention avec Méchant loup, la très sombre enquête qui relie cette fillette qui hurle en voyant une marionnette de loup à cette autre, violée et recrachée par les eaux du Maine.

Encore plus de Québécois!
Le talentueux Sylvain Meunier propose L’empire du scorpion chez Guy Saint-Jean, Patrick Senécal revient avec le tome 4 de « Malphas » (Alire), Anna Raymonde Gazaille – la révélation 2013 – nous donne à lire Déni (Leméac), l’humoriste Ghislain Taschereau, chez Goélette, nous entraîne dans l’univers d’un misanthrope avec Tag et Natasha Beaulieu nous offre un roman aussi sensuel que noir avec Le secret du 16 Vossiusstraat (Alire). Du côté de Coups de tête, c’est le retour de Mikhaïl W. Ramseier (qui publie Hooligans, la suite du triptyque « Les particules réfractaires »), et de l’éditeur et auteur Michel Vézina. Ce dernier propose avec Disparues la suite des enquêtes de Mélanie et Jimmy, rencontrés dans Sur les rives. Cette fois, une multitude de disparitions de femmes au Québec turlupine Mélanie.

Petit détour du côté de la SF et de la fantasy
Deux grosses pointures de chez nous s’annoncent chez Alire cet automne. Tout d’abord, Guy Gavriel Kay (qui vient d’être nommé membre de l’Ordre du Canada) avec Le fleuve des étoiles, et Héloïse Côté avec La voix de la lumière. Du côté étranger, soulignons le premier roman de Ramez Naam, Nexus (Presses de la Cité), qui raconte la découverte d’une nouvelle nanomolécule qui a la capacité de connecter entre eux les cerveaux. Cependant, entre de vilaines mains, elle peut également asservir les gens en éliminant leur volonté de résistance… Les derniers jours du paradis (Denoël), de Robert Charles Wilson est comparé quant à lui au Village des damnés de John Wyndham, avec cette histoire campée en 1914 où des gens savent que 2014 sera un « paradis truqué »…

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