Bilan polar 2012: Des sensations fortes plein la tête

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Cesser de se casser la tête, s’éloigner de ses préoccupations en se plongeant dans un suspense insoutenable ou dans un univers si troublant qu’il est impossible de lâcher avant la fin, voilà ce que recherchent les amateurs de polars, de thrillers et de littératures de l’imaginaire, dont l’engouement ne se dément pas. Lançons-nous tête baissée dans ces histoires qui glacent le sang, qui dressent les cheveux sur la tête.

Se creuser la tête
Après le succès de Cinq secondes, Jacques Savoie met à nouveau en scène Jérôme Marceau, enquêteur atypique, intègre et tenace, dans Une mort honorable (Libre Expression). Marceau découvre du sang dans la voiture d’occasion qu’il vient tout juste de se procurer. Pendant qu’il accompagne sa mère mourante, il tente d’élucider ce mystère, ce qui le mènera à la mise au jour d’un crime d’honneur. Un thriller bien ficelé, maîtrisé et captivant, qui pose un regard sur les limites que peut imposer l’honneur et sur la question de la mort en toute dignité.

Perdre la tête
En fin observateur, l’auteur de la tétralogie« Les gestionnaires de l’apocalypse » interroge une fois de plus la société à travers son écriture dans une intrigue multiple et d’actualité où il est question de corruption, de manipulation politique et de bêtise humaine. Signé Jean-Jacques Pelletier, Les visages de l’humanité (Alire) entraîne le lecteur dans une enquête où les victimes, retrouvées aux quatre coins du monde, ont entre leurs mains un sachet de thé et sont dépossédées de… leur visage.

Des morts à ne plus savoir où donner de la tête
Ils sont six. Six auteurs à avoir mis la main à la pâte pour créer le collectif « Élise », une saga d’anticipation qui culmine avec la parution de Les derniers vivants (Coups de tête). Michel Vézina, Laurent Chabin, Benoît Bouthillette, Alain Ulysse Tremblay et Maxime Catellier ont ceci qui les unit : un imaginaire débridé, capable d’inventer un génocide éliminant le tiers de la population mondiale par un simple virus informatique. Dans cet ultime volet, Ender et Élise rédigent, dix ans plus tard, le témoignage de cette fin du monde.

Une nouvelle tête
Les villages assoupis (Marchand de feuilles) en a subjugué plusieurs avec son histoire qui oscille entre raison et folie, et dont le périple implique un cadavre dissimulé dans le coffre d’une voiture. Ce premier tome de la trilogie « Transtaïga » a d’ailleurs fait craquer Mariane Cayer, libraire chez Daigneault : « Hommage aux romans fantastiques du XIXe siècle, mais teinté de mysticisme amérindien et d’ésotérisme bien moderne, le tout campé dans les paysages moins connus du Grand Nord québécois, ce livre est un heureux mélange, que l’on dévore avec intérêt. » Une voix originale que celle d’Ariane Gélinas, nouvelle venue dans le paysage fantastique québécois.

D’autres incontournables :
Chrystine Brouillet | La chasse est ouverte (La courte échelle)
Patrick Senécal | Torture, luxure et lecture. Malphas (t. 2) (Alire)
Jean Lemieux | L’homme du jeudi (La courte échelle)
Louise Penny | Révélation brutale (Flammarion Québec)
Jean Louis Fleury | Retraites à Bedford (Guy Saint-Jean)

 

TOP 3 – POLAR
Par la Librairie L’Option, de la Pocatière

Je me souviens
Martin Michaud, Goélette, 500 p., 26,95$
Les enquêteurs Lessard et Taillon doivent régler une affaire de meurtres sordides à laquelle s’ajoute le suicide d’un sans-abri lié aux victimes. Quand d’autres morts surviennent, la pression monte, le passé de Lessard revient le hanter et Taillon a le verbe encore plus cru… Du grand Martin Michaud!

Eaux fortes
Johanne Seymour, Libre Expression, 344 p., 27,95$
Retrouvez Kate McDougall dans sa cinquième enquête où s’éclairciront plusieurs mystères laissés en suspens dans Vanités. Paul Trudel retrouvera-t-il la mémoire? Où est passé l’artiste? Kate semble peiner à résoudre le cas d’un cadavre momifié quand, un beau matin, sa fille manque à l’appel…

L’Inaveu
Richard Ste-Marie, Alire, 242 p., 13,95$
Intrigué par le contenu de carnets étranges qu’il a trouvés à la mort de son père, Régis Duchesne consulte le sergent-détective Francis Pagliaro, car il est persuadé que ces objets cachent quelque chose de louche. Pagliaro se lance alors dans une enquête difficile, qui nous tient en haleine jusqu’au bout. Une belle réussite!

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