Jérôme Garcin : Bartabas, roman

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Il y a de ces légendes qui rendent l'homme plus grand que nature. Mais il y a de ces hommes dont le nom est porté par la rumeur du vent. Bartabas, dans les faits Clément Marty, appartient à cette race. Fondateur du théâtre équestre Zingaro puis directeur des écuries de Versailles, il reste un être insaisissable, refusant de révéler son parcours. Jérôme Garcin, écrivain et directeur adjoint du Nouvel Observateur, est parvenu à percer l'homme derrière le mythe.

En effet, son dernier livre ne se veut ni une biographie ni un roman, mais plutôt un récit écrit à la première personne du singulier : « Le titre, Bartabas, roman peut être comparé au Matisse, roman, d’Aragon, avec ce pari : portraiturer un vivant encore jeune dont l’existence n’a été consacrée qu’à ses créations », se plaît à expliquer Garcin. Bartabas est « un artiste qui réinvente le monde et un écuyer qui n’en finit pas de célébrer la relation magnifique de l’homme et du cheval. Mais aussi un chef de troupe. Et encore un mystère que je ne suis même pas sûr d’avoir élucidé… », constate l’auteur, qui ne compte plus les heures passées en compagnie de l’artiste, qu’il côtoie depuis une dizaine d’années et avec lequel il a développé une relation complice et même fraternelle. L’intention de Garcin n’a jamais été d’écrire la vie de Marty, mais la vie d’une œuvre : « J’ai voulu raconter l’impossibilité d’écrire la biographie de Bartabas. » Ce livre contient donc plus que des révélations sur l’itinéraire d’un autodidacte de l’art équestre : c’est une véritable réflexion autour du combat mené par un homme qui, grâce à son génie, parvient à fusionner les arts pour créer un spectacle chaque fois différent, unique et fugitif. Avec Bartabas, roman, Jérôme Garcin livre la suite logique de La Chute de cheval (prix Roger Nimier, 1998) et de Perspectives cavalières, deux livres qu’il avait aussi consacrés au monde du cheval.

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