La corruption… dans la fiction

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On aimerait bien que la corruption existe seulement dans l’imaginaire. Malheureusement, comme elle est présente dans la réalité, ce n’est donc pas étonnant qu’elle inspire les écrivains. Voici 5 suggestions de lectures où le pouvoir et l’argent semblent mener le monde…


Sans terre
Marie-Ève Sévigny (Héliotrope)

Ce polar politique audacieux et enlevant se déroule à l’Île d’Orléans quelques années devant nous. Le chalet de la militante écologiste Gabrielle Rochefort est la proie d’un incendie criminel au même moment où cette dernière prend part à une manifestation contre une pétrolière. Puis, le cadavre d’un travailleur saisonnier est retrouvé. Chef, un retraité de la SQ, proche de Gabrielle, enquête même s’il ne croit pas les élucubrations de la militante, qui relie ces sombres événements au gouvernement.

Crachin
Éloïse Simoncelli-Bourque (Fides)

Dans ce roman noir sur la corruption et le pouvoir, une journaliste d’investigation part pour le Guatemala afin d’enquêter sur une entreprise d’extraction minière où elle sera confrontée à des meurtres et à des enlèvements. Pendant ce temps, son associé est victime d’un accident à Montréal, qui semblerait plutôt être une tentative de meurtre. Ces événements pourraient-ils être liés?

Les empocheurs
Yves Beauchemin (Québec Amérique)

Voilà le retour d’un auteur qui maîtrise ses lettres, de façon classique et sans fioritures, et qui sait aborder ses sujets de front. Ici, on parle de corruption. De chasse. De collusion. Jérôme, en sabbatique, en sabbatique, se fait arnaquer deux fois plutôt qu’une. Quelle leçon en tirera-t-il? Que si les uns le peuvent, lui aussi le peut. Et le voilà qui plonge parmi les « empocheurs », aveuglé par le pouvoir et l’argent, dans ce monde sale, en réplique à ce système qui l’a trahi. [Josée-Anne Paradis, Les libraires]

La dette
Rafael Gumucio (Metailié) 

Fernando est un homme comblé : producteur de cinéma, marié à une femme de la haute, il s’apprête à réaliser son grand rêve, tourner le scénario qu’il a écrit il y a des années. C’est le moment que choisit le comptable de son entreprise, un petit homme falot, pour lui avouer brutalement qu’il l’escroque depuis des années. À deux doigts de la faillite totale, Fernando s’enfonce dans une spirale de sentiments contradictoires et souffre de brusques poussées d’infantilisme. Oscillant entre le délire christique du pardon et un désir de vengeance impitoyable, lâche au dernier degré, le fringant entrepreneur se voit contraint de quitter le monde idéal et feutré où il avait cru vivre jusqu’alors. Il découvre un sentiment nouveau : la culpabilité. Ce roman, inspiré d’un fait divers qui a fait la une des quotidiens chiliens, est une plongée dans la société des années 90, de la Concertation : argent facile et capitalisme sauvage, pots-de-vin en tous genres et subventions incontrôlées. L’auteur secoue sans pitié ses personnages comme autant de marionnettes ridicules : le drame tourne à la comédie et la faillite est une chance inespérée de devenir soi-même. [Résumé de l’éditeur]


Et Dieu perd son temps
Camille Bouchard (Alire)

Camille Bouchard nous amène sous le soleil de l’Afrique dans Et Dieu perd son temps. Ici, pas d’image d’Épinal, mais un roman sur la vie des réfugiés aux prises avec les trafiquants, les gouvernements corrompus et la violence des armées. Cœurs sensibles s’abstenir, mais il suffit de lire les journaux pour savoir que la réalité n’est jamais très loin de la fiction. [Morgane Marvier, librairie Monet, Montréal]

 

 

 

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