I have a dream

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I have a dream… On ne peut passer sous silence ce grand discours prononcé par Martin Luther King le 28 août 1963, au Lincoln Memorial, à Washington, D.C.. Il insuffla un tel vent d’espérance que son message porte haut et fort encore aujourd’hui. Un rêve, un souhait d’égalité entre les Blancs et les Noirs qui a fait du chemin depuis, même s’il demeure encore des disparités.

Nous avons voulu marquer ce célèbre discours et marcher en aval avec cette soif de justice que Luther King a clamée. Quoi de mieux que la littérature pour nous dépeindre l’âme humaine, toutes couleurs confondues.

Voici une sélection de dix auteurs afro-américains.

(L’ordre est aléatoire et les résumés sont ceux des éditeurs.)

1. Beloved Toni Morrison

Un livre de la mémoire, inspiré d’une histoire vraie. On est en 1873, à Cincinnati, dans l’Ohio, au nord du fleuve qui marquait autrefois pour les esclaves fugitifs la frontière avec la liberté. Prix Pulitzer 1988. T. Morrison est la première Noire à avoir été admise à l’université de Princeton, où elle occupe la chaire de littérature.

2. Homme invisible, pour qui chantes-tu? Ralph Ellison

Homme invisible, pour qui chantes-tu ? est un roman de légende. L’homme invisible, c’est l’homme noir dans la société américaine… Voilà trois siècles que, là-bas, il vit, travaille, mange, parle – et pour l’Amérique il arrive même au Noir de se faire tuer… En quelque sorte pour rien. Car aux yeux de l’Amérique le Noir est invisible.
Écrivain lui-même noir, Ralph Ellison a donné ce titre paradoxal, dérisoire et pathétique aux six cents pages qui racontent l’histoire d’un jeune Noir du Sud aux prises avec une société qui lui refuse sa place.

3. Cercueil et Fossoyeur : Le cycle de Harlem Chester Himes

« C’est ici à Harlem, parmi les gens de couleur, que le taux de criminalité est le plus élevé au monde. Et il n’y a que trois façons de procéder : ou bien on fait payer les malfaiteurs – et ça, vous n’en voulez pas ; ou bien on paie les gens suffisamment pour qu’ils aient une vie décente – et ça, vous ne le ferez pas ; si bien qu’il ne reste qu’à les laisser se bouffer entre eux. »

4. Spunk Zora Neale Hurston

« Y a pas une loi sur terre qui peut faire d’un homme un gars décent s’il a pas ça en lui. Y a plein dtypes qui prennent femme comme on prend un bout dcanne à suc’. C’est rond, juteux et sucré quand y la prennent. Mais y pressent et y broient, y pressent et y broient, et y tordent jusqu’à c-qu’ils en tirent la dernière goutte de plaisir. Quand y sont convaincus qu’elle est tordue-essorée, y la traitent comme on fait d’une mâchouillure de canne. Y la jettent. Y savent c-qu’y font au moment même, et y sdétestent de lfaire, mais y s’accrochent à elle jusqu’à c-qu’elle est vide. Après, y la détestent pasqu’elle est qu’une mâchouillure de canne sur leur chemin. »

5. La couleur pourpre Alice Walker

Depuis leur séparation, depuis des années, Nettie et Celie, deux jeunes Noires, soeurs tendrement unies, n’ont cessé de s’écrire. Mais aucune missive, jamais, n’est parvenue ni à l’une ni à l’autre.
C’est que Celie, restée là-bas, près de Memphis, subit la loi d’un mari cruel qui déchire toutes les lettres venues d’Afrique – où Nettie est missionnaire. Alors Celie, la femme-enfant, écrira via le bon dieu, qui, lui, sait tout… Pourquoi, entre elles, cette correspondance déchirante et sans fin, obstinée, presque immatérielle ?

6. Le projet Fanon John Edgar Wideman

Le projet Fanon a poursuivi John Edgar Wideman des années durant : après avoir lu Les damnés de la terre, l’écrivain américain n’a eu de cesse de vouloir ressembler à son auteur, l’intellectuel et psychanalyste martiniquais, et démarrer une révolution, qui contribuerait à libérer le monde du fléau du racisme. Forcé de constater son impuissance, il a entrepris de faire revivre cette figure de la lutte contre l’oppression sous la forme d’un texte très personnel, dans lequel il imagine un écrivain, Thomas, sorte de double fictionnel de Wideman, qui tente d’écrire sur Fanon, dans une Amérique d’après le 11 septembre où la peur de l’autre n’a pas faibli.

7. Une faim d’égalité Richard Wright

Richard Wright dresse un tableau sans indulgence de l’Amérique des années 30, de sa lutte quotidienne pour survivre dans un ghetto décimé par le grand krach économique de 1929 et condamne sans appel le racisme. Il retrace ses débuts d’écrivain, ses démêlés avec le club communiste John Reed et sa découverte des chefs-d’oeuvre de la littérature.

8. La prochaine fois, le feu James Baldwin

En dépit des bouleversements psychologiques et sociaux qu’il exige, cet ouvrage ne veut que proposer la solution de bon sens au problème de la place des Noirs dans la société américaine. Malgré le ton parfois menaçant, malgré la satire souvent mordante, La prochaine fois, le feu est avant tout un appel à la modération, une ultime tentative de compromis (en 1963) entre les extrémistes des deux bords aveuglés par la passion.

9. Dites-leur que je suis un homme Ernest J. Gaines

Dans la Louisiane des années quarante, un jeune Noir, démuni et illettré, est accusé d’avoir assassiné un Blanc. Au cours de son procès, il est bafoué et traité comme un animal par l’avocat commis d’office. Si le verdict ne fait aucun doute, l’accusé, lui, décide de mener un combat pour retrouver aux yeux de tous sa dignité humaine…

10. Racines Alex Haley

Alors qu’il ramassait du bois pour en faire un tambour, le fier Kinté est capturé par des toubabs qui l’envoient récolter le coton de l’autre côté de l’océan, en Virginie. Le destin de sa race est scellé : ses descendants seront esclaves de père en fils, humiliés, battus, vendus, séparés de ceux qu’ils aiment.

ibeaulieu@lelibraire.org

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