12 auteurs des Premières Nations

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Encore une fois cette année, les libraires donnent rendez-vous aux lecteurs de tous genres pour la troisième année de l’événement Le 12 août, j’achète un livre québécois! Rappelons que cette initiative a été lancée par les auteurs Patrice Cazeault et Amélie Dubé via Facebook. Cet appel a eu un succès retentissant et depuis, libraires et lecteurs se préparent pour participer massivement à cette journée. Du 1er au 12 août inclusivement, nous vous proposerons chaque jour 12 titres québécois que vous pourrez voir apparaître sur notre site. N’hésitez pas à vous en inspirer et à ajouter des titres à ceux suggérés.

Ils sont les fondateurs et par leurs voix puissantes ils souhaitent réenchanter le monde. Lorsqu’on ouvre les livres des auteurs des Premières Nations, la paix, la beauté et l’espoir nous sont révélés.

 

À la recherche du bout du monde
Michel Noël (Éditions Hurtubise)

Michel Noël est reconnu pour ses romans jeunesse prenant comme personnages principaux des autochtones. Ici encore, il s’agit d’un jeune Amérindien qui décide de partir dans le Grand Nord afin de découvrir le bout du monde. Ce voyage plus proche de la quête spirituelle que d’une simple aventure de chasse va lui permettre de rencontrer une tribu inuite. Sauvé de justesse de l’étreinte mortelle d’un ours, il va être recueilli et soigné par Amarualik qui deviendra sa conjointe. Ce texte est poétique par sa trame narrative qui prend le temps de décrire le quotidien rude d’un peuple nomade de chasseurs. On souffre des périodes de famines, on vibre quand le caribou tant recherché laisse apercevoir son panache, comme on se laisse impressionner par le savoir-faire de cette puissante famille solidaire. Un roman qui portera son lecteur bien plus loin que prévu. (Tania Massault, librairie Pantoute)

S’agripper aux fleurs
Collectif (Éditions David)

Trois femmes innues signent des haïkus, qui figent des instants fugaces, des éclats de beauté ou des éclats plus sombres : « rivière tant convoitée/la Romaine vue du hublot/un étroit sillon » ou « après tant d’années/des pas hantent encore ses nuits/pensionnat indien ». Tendre et dur à la fois, ce recueil bilingue, en français et en innu, s’inspire des grands espaces, de la réserve, de l’identité. (La rédaction, revue Les libraires)

Béante
Marie-Andrée Gill (Éditions La Peuplade)

Avec Béante, son premier recueil publié à La Peuplade, Marie-Andrée Gill nous invite dans un univers où l’écriture se creuse un vibrant passage entre la fragilité de l’être et l’énonciation d’un monde étouffant. La poétesse sillonne dans une échappée les anfractuosités du désir d’aller « au bout des déconstructions où se tient planant l’espace de tout ce que tu veux d’autre » et de « greffer des pattes de lapin aux chats noirs ». Née à Mashteuiatsh, Gill sait ancrer une écriture d’une profonde intimité à un souffle identitaire n’ayant pas peur des mots pour évoquer les difficultés du réel. (Christian Girard, librairie Pantoute)

De la paix en jachère
Louis-Karl Picard-Sioui (Éditions Hannenorak)

Le recueil De la paix en jachère de Louis-Karl Picard-Sioui revendique une poésie guerrière visant à raviver l’appartenance identitaire ainsi que la fierté du peuple wendat. Au creux de grands dérangements, le poète lui propose de relever le mât. Il écrit dans ce recueil une poésie percutante pour vaincre les doutes légués. (Résumé de l’éditeur)

L’enfant hiver
Virginia Pésémapéo-Bordeleau (Éditions Mémoire d’encrier)

Une mère accompagne son fils mourant. Pour franchir les chemins du destin, Virginia Pésémapéo Bordeleau écrit ce roman, guidée par les yeux et la douce voix du fils défunt. S’alternent et se recoupent souvenirs, témoignages et histoires de vie. Les enfances, celles de la mère et du fils, s’enchevêtrent ainsi que les douleurs et les lignes de failles de la famille. Un livre puissant, tendre et lumineux. (Résumé de l’éditeur)

Kuei, je te salue : conversations sur le racisme
Deni Ellis Béchard, Natasha Kanapé Fontaine (Éditions Écosociété)

Dans la foulée des événements de Lac-Simon et Attawapiskat qui ont fait ressortir au grand jour la douleur vécue par certains peuples des Premières Nations , Kuei je te salue apparaît comme un message porteur d’espoir. Mariant la langue poétique pleine d’émotion de la poétesse innue à l’approche sociologique de Béchard, leur échange propose de grandes pistes de réflexion. Natasha Kanapé Fontaine et Deni Yvan Béchard, écrivains engagés, livrent à travers leur correspondance un vibrant plaidoyer pour le rapprochement nécessaire de nos peuples. Un livre pour apprendre le vrai sens de ce que veut dire tshitimatshenimueun. (Denis Gamache, librairie Au Carrefour)

Kuessipan
Naomi Fontaine (Éditions Mémoire d’encrier)

Premier roman d’une jeune femme de vingt-trois ans qui rappelle par la puissance de son écriture quelques grands noms de la littérature autochtone comme Tomson Highway, Scott Momaday. Naomi Fontaine rejoint les grandes voix humaines. Kuessipan est un livre bouleversant qui nous fait découvrir le quotidien sur une réserve innue. C’est avec la grâce et la justesse d’une langue éblouissante que l’auteure Naomi Fontaine évoque cette réalité.

Kuessipan : mot innu signifiant « à toi » ou « à ton tour ». Ce sont des lieux, des visages connus et aimés. Des chasseurs nomades. Des pêcheurs nostalgiques. Des portraits. Des vies autour de la baie qui reflète les choses de la Terre. Les lièvres. La banique. Les rituels. Les tambours en peau de caribou qui font danser les femmes. Des enfants qui grandissent. Des vieux qui regardent passer le temps. Des saumons à pêcher. Des épinettes. Des barrières visibles et invisibles. Des plaisirs éphémères. De l’alcool qui éclate les cervelles. Des souvenirs. Des voyages en train. Et surtout l’évidence que la vie est cet ensemble de morceaux à emboîter pour que naisse la symphonie. (Résumé de l’éditeur)

Mon couteau croche
Jean Sioui (Éditions Mémoires d’encrier)

« J’ai lacé des raquettes/ Sur une terre de babiche/ Ouendake/ J’étais chez moi/ J’ai lu tant de livres/ D’une mission étrange/ J’étais perdu/ Derrière mes raquettes/ J’ai beaucoup ri/ Derrière mon pupitre/ On m’a appris le silence » 

Voici un recueil ancré dans un territoire et dans une mémoire pour nous rappeler que nous sommes d’un lieu, d’une histoire. Avec Jean Sioui, nous frappons aux portes de la vérité, la nation wendat recouvre la parole. (Résumé de l’éditeur)

Le nid de l’aigle
Yves Sioui Durand (Éditions Hannenorak)

La pièce Le Nid de l’Aigle a déjà été produite en 2002 par la compagnie de théâtre Ondinnok, sous le titre Kmùkamch, l’Asierindien, aux Jardins de Chine et des Premières Nations du Jardin botanique de Montréal. Cette fois-ci, Sioui Durand nous offre à lire, dans une nouvelle mouture, le parcours tragique de Kmùkamch où le tabou universel de l’inceste fait rage.
Puisant à même de nombreux mythes autochtones des Amériques et d’Asie, Le Nid de l’Aigle nous transporte au cœur du passage de la Béringie, nous plonge dans un monde régi par les pulsions les plus sombres des personnages et gangrené par la destruction, le chaos. Dans un univers mythique où les liens familiaux n’ont plus de frontières, Tsorédjowa, l’Aigle-Caribou, mère des steppes et des toundras, souhaite rétablir la coutume de son peuple pour que s’apaise son courroux.

Nous allons découvrir, selon le dramaturge, que le récit « est d’une très grande actualité et qu’il fut, lors de sa création, un acte théâtral prémonitoire. C’est là, la fonction des mythes. Ils traversent le temps et nous rappellent à l’essence de notre humanité, à l’éthique qui fonde les peuples, les nations ». (Résumé de l’éditeur)

La plume d’aigle
Samian (Éditions Mémoire d’encrier)

Samian a reçu quatre plumes d’aigle des aînés. Fort de cet héritage, il place l’écriture au coeur de la vie amérindienne. Il rend grâce aux Ancêtres. Guerrier alimentant le feu, il écrit et chante pour que leurs voix ne soient pas trahies.

Et moi, je rêve d’être le plus grand orateur
La plume d’aigle est synonyme de paix
De liberté, de courage, de force et de respect
La plume n’est pas seulement un symbole autochtone
Elle m’a permis de me découvrir,
D’aller au fond de ma personne
L’aigle a une vision, une histoire, une coutume
Et moi, je suis en mission avec la force de ses plumes

(Résumé de l’éditeur)
 
Uashtessiu, lumière d’automne
Jean Désy, Rita Mestokosho (Éditions Mémoire d’encrier)

Deux sensibilités se recoupent dans l’espace de cet échange poétique qui aura duré quatre saisons. Les deux auteurs ont en commun l’amour de la Côte-Nord, la poésie des lieux, les horizons insoumis. Ils partagent la même terre. Leur différence est leur ressemblance : simplement des mots qui disent tout bas la vie à visiter et la fraternité à célébrer.

Ils sont d’un territoire à la fois pareil et distinct. Le territoire de la parole et de la terre infinie qui forge les destins des femmes et des hommes.

Uashtessiu/Lumière d’automne offre en écho ces paroles instantanées qui s’attachent au lit de la rivière Romaine, à la mémoire des ancêtres, au temps qui passe. Paroles vives qui donnent souvent un sens à nos vides et une lumière radieuse au monde. (Résumé de l’éditeur)

Un thé dans la toundra
Joséphine Bacon (Éditions Mémoire d’encirer)

L’ouvrage Un thé dans la toundra, recueil bilingue tout comme Bâtons à message, écrit en français et en innu-aimun, embrasse l’horizon, ainsi que l’infini de la toundra et fait vibrer la terre. C’est important pour Joséphine Bacon d’écrire en innu pour les jeunes et les futures générations. Mais aussi parce que l’histoire innue n’était pas écrite, mais dite. (…) 

Joséphine Bacon  perpétue la mémoire du passé, celle des ancêtres, tout en regardant vers l’avenir, ce qui se perçoit dans ce passage d’Un thé dans la toundra : « Ta vie déviée/Les rivières s’éloignent/De leur embouchure/Tu retournes sur une terre/Qui te respecte/Tu revêts tes rêves/Les quatre directions/Tes sœurs/L’horizon te fait don/D’une terre/Sans fin du monde. » (Alexandra Mignault, revue Les libraires)

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