Au crépuscule de la saison des prix littéraires, force est de constater que certains lauréats n’ont pas obtenu une couverture médiatique à la grandeur de leur œuvre. Voici, en rafale, quelques-uns de ces talentueux vainqueurs, annoncés dans les derniers jours. En espérant que la découverte de leur publication aiguille vos emplettes du temps des fêtes!

Le prix Goncourt

Lundi dernier, Hervé Le Tellier, président de l’Oulipo, s’est vu attribué le prix Goncourt pour L’anomalie, publié chez Gallimard. Son roman saura plaire au grand public comme aux amateurs d’œuvres littéraires denses. Il possède à la fois les attraits du page turner et la profondeur des écrits d’envergure littéraire, s’attaquant à des questions existentielles tout en proposant une narration rythmée.

Le Goncourt des lycéens

Djaïli Amadou Amal a obtenu le prix avant-coureur du Goncourt des lycéens dans le cadre de sa 33e édition. Son quatrième roman, Les impatientes (Emmanuelle Collas), traitant de la condition des femmes en Afrique, a su émouvoir le jury lycéen : « Son écriture est simple et touchante et sonne juste, sans lyrisme superflu. C’est un livre subtil qui permet d’observer la question du mariage forcé par le prisme de ce témoignage émouvant. »

Le prix Vendredi

Le prix Vendredi est décerné à Vincent Mondiot pour son roman à l’humour caustique, Les derniers des branleurs (Actes Sud), dont les personnages, à des lieux des protagonistes conventionnels, incarnent « [l]es refus et les désenchantements de l’adolescence ». Il succède à Flore Vesco et à Nicolas de Crécy, derniers lauréats de ce prix.

Le prix Décembre

Le jury, présidé par Amélie Nothomb, a rendu sa décision hier. C’est Grégory Le Floch qui remporte les honneurs avec De parcourir le monde et d’y rôder, paru chez Christian Bourgois éditeur. Le 22 novembre dernier, le jury du prix Wepler-Fondation la Poste, constitué de libraires, d’un postier, d’une critique littéraire et d’une poignée de lecteurs, a aussi décerné sa récompense à Le Floch pour ce même roman. Son tour du chapeau a été couronné par l’obtention du prix Transfuge découverte en août dernier.

Le prix du meilleur livre étranger

Dans la catégorie roman, Colum McCann, a gagné la joute avec Apeirogon (Belfond), qui unit les destins d’un Palestinien et d’un Israélien, implorant le retour à la paix et la fin du conflit opposant leur pays. Le roman fera l’objet d’une adaptation cinématographique portée par la société cocréée par Steven Spielberg et Amblin Partners. De son côté, Daniel Mendelsohn a remporté les suffrages de la catégorie essai pour Trois anneaux (Flammarion). L’écrivain américain se sert du récit de soi comme tremplin poétique. Il prend, comme point de départ, sa dépression survenue peu après la publication de son essai prisé, Les disparus (Flammarion).

Le Grand prix du roman de l’Académie française

Les membres de l’Académie française ont décerné leur prestigieux prix à Étienne de Montety pour son roman inspiré de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, La grande épreuve, paru en septembre dernier aux éditions Stock. La récompense était accompagnée d’une bourse considérable de 10 000 euros. En exposant habilement les rouages de la violence perpétrée par le zèle religieux, l’écrivain a gagné 13 des 19 voix du jury.

Le prix Spirale Eva-Le-Grand 2020

Le verdict du jury est tombé : Valérie Lefebvre-Faucher remporte le prix Spirale Eva-Le-Grand 2020 pour son premier essai, Procès verbal, publié aux éditions Écosociété. L’essai s’est démarqué de ses concurrents par « l’acuité de sa pensée critique » dans la réflexion nuancée qu’elle propose au sujet de la liberté d’expression au sein du monde du livre.

Le prix de Flore

Cette année, le livre lauréat du prix de Flore est La grâce, un roman de Thibault de Montaigu paru chez Plon. L’écrivain et journaliste français, qui se décrivait auparavant comme nihiliste et athée, y décrit son parcours spirituel à la suite d’une dépression. La grâce était, par ailleurs, finaliste du prix Interallié et du prix des Deux Magots.

Le prix Médicis

Chloé Delaume a remporté le prix Médicis du roman français grâce à l’écriture de son vingt-huitième roman, Le cœur synthétique (Seuil). Le prix du roman étranger, quant à lui, a été décerné à l’écrivain espagnol Antonio Muñoz Molina pour Un promeneur solitaire dans la foule (Seuil). Enfin, c’est l’écrivain norvégien Karl Ove Knausgaard qui a raflé le prix de l’essai avec Fin de combat (Denoël), sixième et ultime tome du cycle autobiographique Mon combat.

Photo d’Hervé Le Tellier : © Francesca Mantovani/Éditions Gallimard

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