Philippe Claudel remporte le prix J-J Rousseau

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L’endormissement souvent me fait craindre le pire,

qui n’est pas la mort mais l’abandon, la solitude interminable.

Parfums, Philippe Claudel

 

Le prix français Jean-Jacques Rousseau qui honore une biographie a vu le jour en 2010 et a été nommé ainsi parce que Rousseau a été le précurseur du style autobiographique avec ses Confessions : « Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature, et cet homme, ce sera moi… ».

Le lauréat de cette année est Philippe Claudel pour son livre Parfums (Stock) qui évoque des bribes de l’enfance et de l’adolescence de l’auteur à travers les odeurs qui les ont peuplées. Soixante-trois textes rendent compte des parfums imprégnant les instants qui l’ont marqué, faisant apparaître les réminiscences tout comme Proust et sa madeleine. L’après-rasage de son père, la crème solaire de sa mère, le charbon, les champs de foin, la cannelle des gâteaux et du vin chaud, sont autant de retours aux sources qui racontent les origines de l’auteur tout en rendant hommage à son coin de pays (Dombasle, Nancy) et à la vie.

Également réalisateur, on se rappellera le magnifique film Il y a longtemps que je t’aime (2008) qui raconte la rédemption d’une femme qui vient de sortir de prison. Comme toujours, Claudel utilise une langue subtile et émouvante, parfaite pour souligner les instants précieux qui construisent une existence jalonnée de candeur et de vérités.

« Avant que mon aimée n’ouvre les yeux, avant même qu’elle ne me voie, qu’elle ne me sourie, ce que je veux étreindre en respirant sa peau et sa chevelure, c’est notre présence commune qui fait de ce réveil le recommencement de notre amour, l’aube ressuscitée d’une durable harmonie. »

Avec tant d’habileté à décrire les sentiments, on ne s’étonne pas qu’il ait reçu la récompense. C’est beau, humain, sensible.

Source : Livres Hebdo 

ibeaulieu@lelibraire.org

 

 

 

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