Plus de 1 600 libraires ont voté pour couronner l’auteur Miguel Bonnefoy à titre du lauréat du Prix des libraires de France 2021 pour son roman Héritage, publié aux éditions Rivages et écoulé à plus de 40 000 exemplaires.

Tel que raconté par Benjamin Eskinazi dans un article paru dans le numéro 123 de notre revue, Héritage raconte l’histoire d’un vigneron jurassien qui, en 1873, décide de tout quitter et de prendre un bateau pour le Nouveau Monde, où il atterrira au Chili. Ne parlant pas un mot d’espagnol, il pensera que le douanier lui demandait son village d’origine – Lons-le-Saunier – alors qu’il cherchait à connaître son nom. La vie au Chili de cet homme démarre donc sur un malentendu : le voici devenu Lonsonier. La figure du patriarche est posée. Puis, son fils Lazare connaîtra l’horreur des tranchées françaises avant de revenir s’installer à Santiago du Chili avec sa femme Thérèse. Ensemble, ils auront Margot, future as de l’aviation lors de la Seconde Guerre mondiale et bientôt mère d’Ilario Da, révolutionnaire qui subira la torture dans les geôles de la dictature de Pinochet.

Dans ce même article, Bonnefoy parle de ses personnages avec passion : « Ils sont enfermés dans une condition dont ils ne peuvent s’échapper. S’ils vont migrer, être déracinés, ce n’est pas tant parce qu’ils l’ont voulu, mais parce que le monde les a jetés dans les chemins impénétrables de l’Histoire », explique Miguel Bonnefoy. « Cette mémoire générationnelle – comme une épigénétique qui reste de personnage en personnage, où tous vont subir leur siècle, leurs contemporains, leur modernité –, c’est cela l’héritage qu’ils portent. »

François-Alexandre Bourbeau, libraire à la librairie Liber, partage l’intérêt des libraires français : « L’auteur de l’envoûtant Sucre noir récidive avec un récit fabuleux et sensuel campé entre la France et le Chili, porté par l’ardeur de la liberté, déchiré par les guerres et la révolution, où le vin coule à flots avant d’être condamné à l’oubli, où les plus grands rapaces du monde obéissent à une voix d’ange, où les combats coulent dans les veines de générations entières et où les avions ne décollent jamais tout à fait. »

Photo : © Patrice Normand / Leextra

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