Pour la première fois depuis l’existence du prix Renaudot, qui fait partie des récompenses littéraires françaises d’envergure, cette distinction est remise à une auteure québécoise.

« Chaque livre en contient cent.
Ce sont des portes qui s’ouvrent et ne se referment jamais.
»
Dominique Fortier, Les villes de papier

Dominique Fortier reçoit le prix dans la catégorie essai pour son livre Les villes de papier consacré à la poétesse américaine Emily Dickinson qui vécut au XIXe siècle.

Dans cet essai aux accents poétiques, Fortier trace un portrait sensible et personnel de l’écrivaine qui s’est peu à peu mise en retrait du monde pour finir par limiter son territoire à sa chambre. « Emily Dickinson telle que je l’imagine est une sorte de figure d’écrivain idéale, c’est-à-dire un être qui met l’écriture au centre de sa vie, raconte Fortier en entrevue pour la revue Les libraires à l’occasion de la sortie de son livre. […] Cette vie à laquelle tout semble manquer (amours, relations, profession, voyages et jusqu’à la reconnaissance de son art, puisqu’elle s’est presque systématiquement refusée à publier ses poèmes) me semble au contraire pleine comme un œuf. »

Dans son livre, sorte d’hymne à la poétesse à l’âme traversée de fulgurances, Dominique Fortier imagine aussi bien l’atmosphère qui règne dans le jardin d’Emily et du soin que celle-ci prend à composer son herbier qu’à mettre en évidence sa perceptibilité singulière qui émane jusque dans son écriture. Les villes de papier est publié au Québec aux éditions Alto tandis qu’en France, il fait partie de la maison Grasset.

« Vue de l’extérieur, la vie d’Emily Dickinson peut sembler bien austère. Pourtant avec le magnifique Les villes de papier, Dominique Fortier nous démontre toute la richesse de l’existence de cette grande poète, exprime Marie-Hélène Vaugeois de la librairie Vaugeois à Québec. […] Un livre où deux femmes se retrouvent dans l’amour des mots. »

Le prix Renaudot du roman a pour sa part été décerné à l’auteure française Marie Hélène Lafon pour Histoire du fils (Buchet/Chastel). Elle y relate l’histoire d’une famille, ses morts comme ses vivants, accomplissant en une suite de tableaux non chronologiques une traversée des souvenirs et des secrets de générations qui se sont succédé.

Entrevue – Dominique Fortier : Les lieux qui nous habitent

Photo : Frédérick Duchesne

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