L’écrivain hongrois Peter Esterhazy n’est plus

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L’écrivain hongrois Peter Esterhazy est décédé le 14 juillet du cancer, maladie dont il avait fait le sujet de son plus récent ouvrage, Journal intime du pancréas. « Il est difficile d’imaginer la littérature hongroise, ainsi que la vie publique hongroise, sans lui, tant il était un acteur important des deux », a dit Krisztian Nyary, directeur des éditions Magveto où Peter Esterhazy était publié.

Celui qui est né à Budapest en 1950 avait fait ses études en mathématiques, avant de se consacrer à la littérature. Il a certes bouleversé le milieu littéraire lors de la parution de son diptyque composé de Harmonia Coelestis et de Revu et corrigé, consacré à l’histoire de sa famille, mais particulièrement à la figure du père. Dans le second ouvrage, il revient sur le premier en révisant certains aspects qui ont été mis en lumière entre temps, tel le fait que son père avait été un informateur à l’ère communiste. La figure de la mère fut quant à elle plutôt étayée sous sa plume dans Pas question d’art, où il revient sur plusieurs anecdotes, tout en offrant aux passages moult réflexions sur l’amour, la filiation, Dieu, la maladie et… le soccer (dont sa mère était fan des hors-jeu, nous y apprend-il).    

Parmi ses autres romans, soulignons Indirect (1988), Les verbes auxiliaires du coeur (1992), Le livre de Hrabal (1994), Une femme (1998) et Voyage au bout des seize mètres (2008). À travers son œuvre, il a expérimenté plusieurs styles et plusieurs formes, faisant de sa plume une écriture vivante, parfois argotique, mais toujours pertinente.

Si son éditeur parle de lui en terme d’agent important de la vie publique hongroise, c’est en raison des nombreuses prises de position adoptées au cours des dernières années, notamment sur la censure, la liberté de la presse, l’équilibre des pouvoirs et la qualité de la politique contemporaine. 

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