Henning Mankell est mort

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L’auteur suédois Henning Mankell est mort des suites d’un cancer ce 5 octobre à Göteborg à l’âge de 67 ans. Père de l’enquêteur Kurt Wallander, il aura fait vivre des heures palpitantes à de nombreux lecteurs, plus de 40 millions dans le monde. Outre ses célèbres polars, Henning Mankell a écrit des romans, du théâtre et de la littérature pour la jeunesse. Ses livres sont traduits en 35 langues. Il était aussi engagé politiquement vers la gauche. On connaît aussi ses prises de position en faveur de la Palestine.

En entrevue en décembre 2014 au journal Libération, Mankell parlait de la mort en ces termes :

« Ce qui m’inquiète parfois, c’est de rester mort aussi longtemps. Cela me semble assez pénible. Ce qui est idiot, évidemment, puisqu’avec la mort, le temps et l’espace cessent d’exister. On n’est plus conscient de rien. Mais parfois j’y pense : comment supporter d’être mort pendant un million d’années… »

Dans Sable mouvant, son dernier livre publié qui sera disponible au Québec le 26 octobre prochain, il raconte sa maladie. Alors qu’il côtoie la mort, c’est de la vie qu’il nous parle :

« En janvier 2014, j’ai appris que j’étais atteint d’un cancer grave. Cependant, ce n’est pas un livre crépusculaire, mais une réflexion sur ce que c’est que vivre. Je me suis promené dans ma propre histoire, de l’enfant que j’étais à l’homme que je suis aujourd’hui. Je parle d’événements qui m’ont marqué à jamais et d’hommes et de femmes qui m’ont ouvert des perspectives insoupçonnées. Je parle d’amour et de jalousie, de courage et de peur, de la cohabitation avec une maladie potentiellement mortelle. Je parle des artistes qui vivaient il y a 40 000 ans, des images fascinantes qu’ils nous ont laissées dans les recoins profonds et obscurs des grottes. Je parle du troll maléfique que nous avons engendré et que nous essayons à présent d’enfermer dans la montagne afin qu’il ne s’en échappe pas pendant les cent mille ans à venir. Je parle de la manière dont a vécu et dont vit l’humanité, et dont j’ai moi-même vécu. Je parle de la joie de vivre. Elle m’est revenue après que j’ai échappé au sable mouvant, qui menaçait de m’entraîner dans l’abîme. »

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Source: Libération

 ibeaulieu@leslibraires.ca

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