Décès de Vickie Gendreau

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Elle aura publié peu de choses mais on la nommera écrivaine puisqu’elle avait l’élan, le talent, les mots pour le dire, qui auront au moins eu le temps de se rendre jusqu’à nous – comme quoi la vie n’est pas complètement injuste.

Par l’entremise de l’autofiction Testament, puis bientôt de Drama Queens, qui sera publié chez son éditeur, Le Quartanier, au printemps 2014, nous avons connu Vickie Gendreau, jeune femme de 24 ans portée par une fièvre littéraire qui l’aura tenue jusqu’au bout puisque quelques jours avant sa mort elle invitait ses lecteurs à une lecture publique de son dernier concerto.

En fin de compte, la maladie a fini par emporter l’écrivaine le 11 mai dernier, malgré les espoirs qui étaient venus durant son parcours. Il aura fallu moins d’un an entre le diagnostic de la tumeur au cerveau et le décès de Vickie Gendreau. On la compare déjà à Marie Uguay, cette poétesse éprise de la vie, morte jeune, chopée aussi par la maladie. C’est que Gendreau a de la gueule et de la veine d’écrivain, c’est certain : « Je suis cette littérature, la littérature honteuse et pleine de regrets. J’ai les paupières cochonnées d’avoir trop souvent fermé les yeux, d’avoir eu trop souvent à le faire ».

En septembre dernier, en entrevue à La Presse, elle exprime son sentiment d’urgence quand elle apprend la nouvelle de sa maladie: «C’était impératif. Tous les méandres de ma vie qui m’ont menée là, mon quotidien, tout ça ne servait à rien. Il fallait que ça passe par la littérature avant tout. (…) Je me suis dit que, si je devais mourir, je voulais léguer quelque chose.»

Dans son livre Testament, Gendreau met en scène sa propre mort et imagine ce que ses proches en diront, en penseront. Chère Vickie, même si nous sommes ravis que tu l’aies fait, pas besoin d’écrire un roman pour ça : ils regretteront de ne pas avoir pu en avoir plus, de toi, de ton écriture, de ta force et de ta fougue. Surtout, merci d’être passée.

Source : Radio-Canada

La Presse

ibeaulieu@lelibraire.org

Crédits photo: Le Quartanier/Christian Blais 

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