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Décès de Nicole Houde

Décès de Nicole Houde

Par Dominique Lemieux, Les libraires, publié le 04/02/2016

Une autre grande perte frappe le milieu du livre québécois. L’écrivaine Nicole Houde est décédée le 2 février à l’âge de 70 ans. Les lecteurs se souviendront de son ton poétique, de son œuvre originale et solide et de sa capacité à donner une voix aux « sans-voix ».  

Née à Saint-Fulgence en 1945, Nicole Houde se tourne vers l’écriture au début des années 1980, publiant son premier livre en 1983 (La malentendue). L’ouvrage retient immédiatement l’attention (Prix des Jeunes écrivains du Journal de Montréal).

Pendant les trente années suivantes, Nicole Houde aura publié 14 ouvrages, tous aux éditions de la Pleine lune, certains récompensés pour leur qualité certaine. Elle a notamment remporté le Prix du Gouverneur général en 1995 pour son roman Les oiseaux de Saint-John Perse, un texte rempli d’une profonde humanité sur un couple d’aînés forcé à quitter leur appartement pour emménager dans un « manoir de l’âge d’or ». En 2013, Nicole Houde a également été la première récipiendaire du prix Hervé-Foulon du livre oublié – un prix qui souhaite donner une seconde vie à un livre d’exception paru il y a plusieurs années – avec La maison du remous.

Son ouvrage le plus récent, La vie pour vrai, paru en septembre 2014, a été couronné du Prix « Roman » du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Il aborde, encore avec une franchise étonnante, la réalité d’une déficiente légère au grand cœur.

L’écrivain Gérard Pourcel, ému par le décès de son amie, a écrit ces mots publiés sur le site des éditions de la Pleine lune :

« Ma peine, ma très grande peine. Existe-t-il des mots pour exprimer la douleur morale? La douleur physique peut se décrire. La douleur morale; je manque de mots. Nicole est morte. Mon amie Nicole est morte. Nicole, que j’avais surnommée l’éternelle, parce que j’avais passé quelques jours chez elle, quand elle écoulait ses étés à Rivière-Éternité, a décidé de faire mentir son surnom. Nicole, je t’ai pleurée ce matin, en marchant le long de la mer, sur la côte de Santiago de Cuba. Mes larmes sont encore présentes et ne demandent qu’à couler sur mon clavier pendant que j’écris ce texte, devant un océan immensément triste, même en plein soleil. Nicole, toi, si fragile, et pourtant si forte, qui nous a souvent alertés et surpris par tes retours à la vie, je pense à toi. Je pense à cette femme de lettres qui a apporté une immense contribution à notre patrimoine littéraire. Je suis partial, certainement, l’amitié et aussi le respect le commandent. Nicole, je ne peux même pas te dire, repose en paix. Le néant n’est pas la paix. Le néant n’est rien. Et, si nous tous, qui te connaissons, on se donnait comme mission de te lire, de te relire et de te faire lire, nous volerions une partie, une infime partie d’éternité, tu pourrais, au moins, mériter pour quelque temps le surnom que je t’ai donné. » 


Photo : © Marc-Antoine Zouéki

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