Le grand créateur franco-grec Vassilis Alexakis, récompensé du prix Médicis en 1995 pour La langue maternelle (Fayard) et du Grand prix du roman de l’Académie française en 2007 pour Ap. J-C. (Stock), est mort lundi à l'âge de 77 ans.

Citée dans un communiqué ministériel, Lina Mendoni, ministre de la Culture grecque, déplore la perte que la mort d’Alexakis représente dans le milieu littéraire, ayant désormais « perdu un grand créateur, une voix indépendante, aimée et spéciale […] un écrivain qui a gagné l’estime de ses confrères et l’amour des lecteurs dans les deux pays entre lesquels il a partagé sa vie, la Grèce et la France ». À cet au revoir touchant s’ajoute celui de Metaixmio, l’éditeur grec d’Alexakis :

« Nous nous souviendrons pour toujours de son humour original, de sa générosité et sa gentillesse, et préserverons comme legs précieux sa brillante œuvre littéraire, qui restera intemporelle, à l’instar de son esprit éternellement jeune. »

Il laisse derrière lui une œuvre vaste de près de vingt publications s’étendant sur quatre décennies; une œuvre protéiforme, qui ne saurait appartenir à un genre, mais dont les sujets de prédilection tels que l’altérité, l’origine des langues et l’exil, trouvaient toujours un lectorat captivé. Son dernier roman paru aux éditions du Seuil en 2015, La clarinette, n’y faisait pas exception. Alexakis y abordait la perte des êtres qui nous sont chers, l’affaiblissement de la mémoire et la vieillesse, des thèmes qui, peut-être, trouveront une signification nouvelle au crépuscule de sa vie.

Photo : © John Foley / Seuil

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